Terreur à Beni: la localité de Mbau ensanglantée par une nouvelle attaque des ADF (CongoForum)

BENI – ​Une nouvelle nuit d’horreur a balayé le territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu. Dans la nuit du mardi 2 au mercredi 3 juin 2026, les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) ont mené une incursion d’une rare violence dans la localité de Mbau, située à 18 kilomètres du centre-ville de Beni. Le bilan, encore provisoire, fait état d’au moins 16 à 20 civils lâchement exécutés, plongeant la région dans la paralysie et le deuil.

L’attaque a débuté aux alentours de 22 heures, heure locale, ce mardi. Les assaillants ont investi le centre de Mbau, usant d’armes à feu et d’armes blanches pour semer la mort. Parmi les victimes figurent cinq membres de l’église kimbanguiste, dont un pasteur et sa famille, emportés par la fureur de l’assaillant.

​Sur place, les témoignages des survivants glacent le sang.

« J’ai été sauvé miraculeusement », confie un habitant de la zone, encore sous le choc, expliquant que les terroristes ont frappé à deux reprises à sa porte sans parvenir à entrer.

Si une vingtaine de civils ont péri selon la société civile, le porte-parole des opérations militaires Sokola 1 Grand-Nord, le Lieutenant Marc Elongo, avance quant à lui un bilan provisoire de 16 morts, dont deux femmes et un enfant. Neuf otages ont néanmoins pu être libérés par l’armée au cours des affrontements.

Une stratégie de représailles après la mort d’un leader ADF

​Selon les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), cette recrudescence de la violence n’est pas fortuite. Dans un communiqué de la cellule de communication du secteur opérationnel Sokola 1, l’armée affirme que ces attaques répétées constituent des représailles directes de l’ennemi. ​« L’objectif des ADF-MTM était de se venger après que la coalition FARDC-UPDF a neutralisé l’un des hauts dirigeants de ce mouvement terroriste, le nommé Ismaël Abou Hussein », a précisé le Lieutenant Marc Elongo.

​Face à cette tentative de déstabilisation, le porte-parole militaire a appelé la jeunesse locale à « capitaliser sa force derrière son armée » et à ne pas tomber dans le piège des terroristes, qui cherchent à créer une fracture entre la population et les forces de défense.

Quatrième attaque en quatre jours: Beni « ville morte »

​La région de Beni fait face à une accélération dramatique des tueries depuis le 30 mai dernier. Il s’agit de la quatrième incursion attribuée aux ADF en l’espace de quatre jours, soit une moyenne effroyable de dix civils massacrés par jour. Pas plus tard que le dimanche 31 mai, le quartier Ngadi, dans la commune de Ruwenzori, avait été la cible d’un massacre similaire.

Une vingtaine de civils y avaient perdu la vie, dont le célèbre comédien pygmée Mangese, tué aux côtés de ses parents. Face à l’insécurité grandissante, le bourgmestre de cette entité a d’ailleurs ordonné la suspension momentanée des activités champêtres.

​En réaction à ce bain de sang continu, les mouvements citoyens et les groupes de pression ont appelé à une journée de deuil et de contestation ce mercredi 3 juin.

​Impact sur la vie socio-économique ce mercredi:

  • Portes closes pour la grande majorité des boutiques et des banques durant toute la matinée.
  • ​Éducation, les rares élèves qui s’étaient rendus dans les écoles secondaires ont été immédiatement renvoyés chez eux.
  • Transports et marchés, une circulation extrêmement timide sur le Boulevard du 30 juin, ainsi qu’aux marchés Kikokwa et Matonge.

​Aujourd’hui, entre angoisse, peine et incertitude du lendemain, les habitants de Beni pleurent leurs morts.

Alors que la majorité des familles de Ngadi ont fui vers les quartiers voisins pour sauver leur vie, l’enterrement des victimes de cette précédente attaque, initialement prévu ce mercredi, a dû être anticipé et s’est déroulé ce mardi sous la coordination des autorités locales.

© CongoForum – Roger Mulyata, 03.06.26

Image – source: presse congolaise

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