Tentative  de modification de la Constitution: Jean-Claude Katende dénonce une « escroquerie politique » et rejette toute perspective d’un troisième mandat de Félix Tshisekedi (CongoForum)

KINSHASA – Le président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), Jean-Claude Katende, monte au créneau face aux débats autour d’un éventuel changement de la Constitution en République démocratique du Congo. Il dénonce ce qu’il considère comme un glissement du discours présidentiel, entre la notion de mandat et celle de mission, et réaffirme son opposition à toute tentative de prolongation du pouvoir de Félix Tshisekedi.

Dans une déclaration publiée sur son compte X, Jean-Claude Katende s’interroge sur le sens des propos tenus par le chef de l’État devant les parlementaires de l’Union sacrée, le 24 octobre dernier. À cette occasion, Félix Tshisekedi aurait évoqué sa « mission » de redressement du pays et de restauration d’une paix durable, tout en affirmant ne pas vouloir dépasser les limites de son mandat.

Pour le défenseur des droits humains, cette référence à une mission soulève des interrogations politiques et institutionnelles. Il rappelle qu’en 2018, Félix Tshisekedi avait sollicité un mandat présidentiel de cinq ans, et non une mission particulière. La même démarche avait été entreprise en 2023, lorsqu’il avait de nouveau sollicité la confiance des électeurs pour un second mandat de cinq ans.

« En 2018, le Président Tshisekedi postulait pour un mandat de 5 ans et non pour une mission. En 2023, il a postulé aussi pour un mandat de 5 ans. Donc, le dernier. Il n’a jamais postulé pour une mission », fait remarquer Jean-Claude Katende.

Il estime dès lors que le changement de terminologie dans le discours présidentiel, particulièrement à l’approche de la fin du second mandat, mérite une vigilance citoyenne. Il va jusqu’à qualifier cette évolution de langage d’« escroquerie politique », tout en prévenant qu’il ne compte pas renoncer à ses convictions malgré d’éventuelles critiques ou attaques contre sa personne.

Deux lignes rouges clairement définies

Au-delà de sa critique du discours présidentiel, le président de l’ASADHO précise les limites qu’il estime indispensables au respect de l’ordre constitutionnel en RDC.

Sa première exigence concerne le rejet catégorique d’un troisième mandat pour Félix Tshisekedi. Il rappelle à ce sujet que les Congolais s’étaient opposés à une troisième candidature de Joseph Kabila et qu’ils ne devraient pas accepter une situation similaire sous l’actuel régime.

Sa deuxième ligne rouge porte sur toute initiative de révision constitutionnelle susceptible de remettre les compteurs à zéro et d’ouvrir la voie à un nouveau mandat présidentiel. « Pas de troisième mandat. Nous l’avions refusé à M. Kabila et nous ne l’accorderons pas au Président Tshisekedi. Pas de changement de Constitution pour rabattre les compteurs à zéro et donner au Président Tshisekedi un nouveau mandat », insiste-t-il.

La Constitution au cœur du débat

Cette prise de position intervient dans un contexte où la question d’une éventuelle modification de la Constitution suscite de nombreuses réactions au sein de la classe politique et de la société civile congolaise.

Pour rappel, l’article 70 de la Constitution de la RDC prévoit un mandat présidentiel de cinq ans, renouvelable une seule fois. De son côté, l’article 220 protège notamment le nombre et la durée des mandats présidentiels contre toute révision constitutionnelle.

Dans ce climat de débats et de controverses, la sortie de Jean-Claude Katende remet au centre de l’actualité la question du respect des principes démocratiques, de l’alternance au pouvoir et de la limitation des mandats présidentiels.

Pour cet activiste des droits humains, la défense de ces principes ne relève pas d’un positionnement contre une personne ou un régime, mais d’un engagement en faveur de l’État de droit. « C’est ça la démocratie : liberté d’expression dans le respect mutuel », conclut-il.

À l’approche des prochaines échéances politiques, le débat sur l’avenir institutionnel de la RDC reste donc ouvert, avec une exigence qui traverse une partie de l’opinion publique: le respect de la Constitution et des règles démocratiques.

© CongoForum – redaction, 02.11.26

Image – source: presse congolaise

Nos sponsors