
GOMA – « Nous demandons simplement le droit d’étudier. » C’est le message porté ce mercredi par des représentants des étudiants des établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire de Goma et de Bukavu, à travers un mémorandum adressé aux autorités congolaises ainsi qu’à plusieurs partenaires internationaux.
Dans un contexte sécuritaire particulièrement difficile dans les deux villes, les étudiants demandent la levée de la suspension des activités académiques et para-académiques et appellent à la recherche d’une solution permettant de concilier les impératifs de sécurité avec le droit à l’éducation.
« Nous ne sommes pas responsables de la crise »
Dans leur mémorandum, les étudiants insistent sur le caractère strictement estudiantin, pacifique et apolitique de leur démarche. Ils estiment ne pas devoir payer le prix des différends politiques et militaires qui affectent leur environnement.
Pour eux, l’éducation ne devrait pas être considérée comme une activité secondaire en période de crise. Au contraire, l’université doit pouvoir demeurer un espace civil où les jeunes poursuivent leur formation, développent leurs compétences et préparent leur avenir.
La suspension des activités affecte directement les cours, les travaux pratiques, les examens, les stages, les recherches scientifiques ainsi que les défenses de mémoires. Sa prolongation fait craindre à de nombreux étudiants un retard considérable dans leurs cursus, voire la perte d’une année académique.
Le droit à l’éducation ne devrait pas être sacrifié
Les étudiants demandent ainsi aux autorités compétentes de revoir la mesure de suspension et de permettre une reprise progressive et sécurisée des activités académiques.
Ils proposent notamment un réaménagement du calendrier académique, intégrant les enseignements et évaluations non réalisés pendant la période de suspension, ainsi que des mécanismes de rattrapage permettant aux étudiants de récupérer le temps perdu sans compromettre la qualité de leur formation.
Cette revendication apparaît d’autant plus importante que de nombreux jeunes de Goma et de Bukavu ont déjà connu plusieurs interruptions de leur parcours scolaire et universitaire en raison des différentes crises sécuritaires qui affectent l’Est de la RDC.
Sécurité et éducation: faut-il nécessairement choisir ?
La question posée par les étudiants mérite d’être entendue: comment garantir la sécurité sans interrompre durablement l’éducation?
Plutôt que d’opposer sécurité et enseignement, les autorités, les établissements universitaires et les partenaires concernés pourraient rechercher des mécanismes permettant une reprise adaptée au contexte, avec des mesures de protection renforcées et une organisation tenant compte des réalités locales.
Les étudiants sollicitent à cet effet l’implication de l’ONU, de l’UNESCO et de l’UNICEF, mais également des autres acteurs concernés, afin de contribuer à la préservation de la continuité de l’enseignement supérieur dans les deux villes.
« L’université doit rester un espace d’espoir »
Au-delà de leur propre situation, les étudiants défendent une conception de l’université comme un espace de savoir, de recherche, de formation et d’espoir.
Dans une région meurtrie par des années de conflits, priver durablement la jeunesse d’éducation risque d’aggraver davantage les vulnérabilités sociales et de compromettre les perspectives d’avenir d’une génération entière.
Leur démarche ne se présente donc pas comme une contestation politique, mais comme un appel à la responsabilité collective. Ils demandent aux autorités de tenir compte de leur situation et de trouver des solutions permettant de poursuivre les études dans des conditions compatibles avec les exigences sécuritaires.
« Nous ne demandons pas de prendre parti dans les conflits. Nous demandons simplement de pouvoir étudier. »
À Goma comme à Bukavu, le message des étudiants est clair: même en période de crise, l’éducation doit rester un investissement pour la paix et l’avenir de la République démocratique du Congo.
© CongoForum – rédaction, 17.09.26
Image – source: presse congolaise