
BUKAVU – L’ASBL Renaissance Africaine (RENAF) poursuit aujourd’hui, à Bukavu, son programme de renforcement des capacités des membres du Conseil consultatif des jeunes (CCJ) du Sud-Kivu en matière de prévention sanitaire, de santé mentale et de soutien psychosocial. Cette formation des formateurs s’inscrit dans le cadre du projet « Des Voix pour les Changements » (Voices for Change), mis en œuvre par RENAF avec l’appui de la World Federation Against Drugs (WFAD) et le financement de Sida-Suède.
Organisée en deux journées, les 10 et 18 octobre 2026, cette initiative vise à renforcer le rôle des jeunes dans la prévention des risques sanitaires et psychosociaux, la sensibilisation communautaire et la promotion de comportements favorables à la santé. Elle intervient dans un contexte au Sud-Kivu marqué par l’insécurité, les difficultés socioéconomiques, les traumatismes psychosociaux, la stigmatisation et les risques liés à l’usage de substances psychoactives.
Face à ces défis, la santé mentale et le bien-être psychosocial constituent des enjeux majeurs de santé publique et de protection humanitaire. RENAF mise ainsi sur la participation active des jeunes pour améliorer l’accès à l’information, encourager la prévention et faciliter l’orientation des personnes vulnérables vers les services compétents.
Des jeunes formés pour sensibiliser leurs pairs
La formation réunit 20 membres du CCJ et cinq représentants de RENAF. Les participants approfondissent leurs connaissances sur le leadership des jeunes, les compétences de vie, la confiance en soi, la gestion du stress et des émotions, la communication, la prise de décision et la résolution pacifique des conflits.
Les échanges portent également sur les risques sanitaires et psychosociaux associés aux substances psychoactives, la santé mentale, l’écoute bienveillante et les mécanismes d’orientation vers les services sanitaires, psychosociaux et de protection.
La démarche pédagogique associe des exposés interactifs, des travaux de groupe, des études de cas, des jeux de rôle et des exercices pratiques de formation entre pairs. Elle permet aux participants de développer des compétences d’animation et de préparer des séances de sensibilisation adaptées aux réalités des jeunes de Bukavu et des communautés environnantes.
Les activités se déroulent au bureau de RENAF et dans la salle de réunion « Chez Maman Kinja », à Bukavu. L’équipe de formation comprend l’ingénieur Jonas Mushagalusa, Arsène Kulimushi, psychologue clinicien, et Laurent Balagizi, Program Manager de RENAF. Auriane Busime, chargée de la santé mentale et du soutien psychosocial au sein de l’organisation, assure la modération des échanges et veille à une participation inclusive et respectueuse.
La santé mentale et la protection au cœur de l’approche humanitaire
Au-delà de l’acquisition de connaissances, cette initiative privilégie une approche fondée sur les droits humains, la dignité, la confidentialité, la non-discrimination et le principe de ne pas nuire.
Dans un environnement où l’insécurité et la précarité peuvent accentuer les difficultés psychosociales, RENAF entend promouvoir une culture de prévention, d’écoute et de solidarité. L’organisation accorde une attention particulière à la lutte contre la stigmatisation des personnes confrontées à des problèmes de santé mentale ou à des difficultés liées à l’usage de substances psychoactives.
Les membres du CCJ sont encouragés à devenir des relais communautaires capables d’informer, d’écouter avec bienveillance et de faciliter l’accès aux services appropriés. Ils ne sont toutefois pas appelés à poser des diagnostics ni à se substituer aux professionnels de santé. Les situations nécessitant une assistance spécialisée sont orientées vers les structures compétentes, dans le respect de la confidentialité et de la sécurité des personnes concernées.
Cette approche vise à rapprocher la prévention sanitaire des communautés et à favoriser une réponse plus humaine, inclusive et adaptée aux besoins des jeunes.
Un engagement communautaire durable
À l’issue des deux journées, les participants doivent renforcer leurs connaissances en prévention sanitaire et en santé mentale, maîtriser les techniques élémentaires d’animation et disposer d’un plan de restitution destiné à d’autres jeunes de Bukavu.
Les résultats attendus comprennent également une meilleure compréhension du mandat du CCJ, le développement des capacités de sensibilisation sur les risques liés aux substances psychoactives, la promotion des compétences de vie et une meilleure connaissance des mécanismes d’orientation vers les services sanitaires et psychosociaux.
Le suivi repose sur les listes de présence, l’évaluation des connaissances avant et après la formation, l’observation des exercices pratiques et la validation du plan de restitution. Ces outils permettent de documenter les acquis et de préparer les prochaines activités de sensibilisation communautaire.
À travers le projet « Des Voix pour les Changements », RENAF, avec l’appui de la WFAD et le financement de Sida-Suède, entend ainsi consolider la contribution des jeunes à la prévention, à la protection psychosociale et à la cohésion sociale dans la province du Sud-Kivu.
Un appel à l’action
RENAF appelle les autorités provinciales et sanitaires, les partenaires humanitaires et de développement, les organisations de la société civile, les établissements scolaires, les familles et les leaders communautaires à renforcer leur engagement en faveur de la santé mentale et de la prévention sanitaire chez les jeunes.
L’organisation encourage le développement de partenariats permettant d’intensifier les campagnes de sensibilisation, de soutenir les initiatives communautaires portées par les jeunes, de faciliter l’accès aux services de santé et de soutien psychosocial et de renforcer les mécanismes d’orientation et de protection des personnes vulnérables.
Elle invite également les jeunes à devenir des acteurs responsables de prévention, à promouvoir des comportements favorables à la santé et à contribuer activement à la lutte contre la stigmatisation et la discrimination.
La santé mentale des jeunes est une responsabilité collective. Investir dans la prévention, l’écoute et l’accompagnement psychosocial, c’est contribuer à protéger des vies, à renforcer la résilience des communautés et à préserver le potentiel d’une génération confrontée à de multiples défis humanitaires et sanitaires.
Par cette initiative, RENAF réaffirme son engagement en faveur d’une jeunesse mieux informée, protégée et impliquée dans la construction de communautés plus résilientes et inclusives au Sud-Kivu.
© CongoForum – redaction, 18.10.26
Image – source: RENAF