
KINSHASA – L’Église du Christ au Congo (ECC) a appelé à la prudence dans le débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo, estimant qu’un tel processus devrait impérativement s’inscrire dans un cadre national inclusif, apaisé et respectueux des dispositions de la Constitution.
Dans une déclaration rendue publique dimanche à Kinshasa au nom du Comité exécutif national, l’ECC souligne que toute initiative visant à modifier la Loi fondamentale doit se conformer aux exigences prévues notamment par les articles 5, 218, 219 et 220 de la Constitution. « L’Église du Christ au Congo estime qu’une initiative de réforme constitutionnelle dans le contexte actuel doit impérativement répondre à l’exigence d’un cadre national inclusif et apaisé », a indiqué le Comité exécutif national.
Pour cette confession religieuse, les défis auxquels le pays est confronté exigent davantage de concertation et de dialogue que de polarisation. L’ECC considère que les réformes institutionnelles ne peuvent être durables que lorsqu’elles reposent sur un consensus largement partagé par les différentes composantes de la nation.
Ecoute mutuelle et dialogue
L’Église invite ainsi les acteurs politiques, sociaux et institutionnels à privilégier l’écoute mutuelle, la sagesse et le dialogue afin de préserver la cohésion nationale et d’éviter toute tension susceptible d’accentuer les fractures existantes.
S’appuyant sur le récit biblique du jugement du roi Salomon, rapporté dans le premier Livre des Rois, l’ECC exhorte les dirigeants congolais à rechercher des solutions inspirées par la sagesse et guidées par l’intérêt supérieur de la nation. Elle fait également référence à l’« arbre à palabre », symbole africain du dialogue, de la médiation et du règlement pacifique des différends.
Selon l’organisation religieuse, un dialogue démocratique, national et inclusif demeure la voie la plus appropriée pour aboutir à des réformes acceptées par l’ensemble des citoyens. Cette position s’inscrit également dans l’esprit de plusieurs résolutions et initiatives internationales, notamment celles du Conseil de sécurité des Nations unies, de l’Union africaine, de l’Union européenne, ainsi que des processus diplomatiques engagés à Washington et à Doha.
Appel à l’unité nationale
Dans son message, l’ECC lance par ailleurs un appel à l’unité nationale dans un contexte marqué par des défis sécuritaires persistants et des difficultés sociales. Elle rappelle que les Congolais partagent une histoire commune forgée par les sacrifices consentis pour l’indépendance et la construction de l’État.
« Nous ne construisons pas des murs, mais plutôt des ponts », souligne l’Église, appelant à la réconciliation, au dépassement des divergences et à la promotion du vivre-ensemble.
L’institution religieuse a également formulé des prières en faveur des autorités du pays, des populations touchées par les violences et des familles affectées par l’insécurité dans plusieurs provinces de la RDC. Elle exprime son souhait de voir s’instaurer une paix durable et de renforcer l’unité nationale.
Cette prise de position intervient alors que le débat sur une éventuelle révision constitutionnelle continue de susciter des réactions contrastées au sein de la classe politique et de la société civile. Plusieurs acteurs estiment que les priorités actuelles devraient porter sur le rétablissement de la sécurité, particulièrement dans l’Est du pays, ainsi que sur le renforcement de la cohésion nationale avant toute réforme institutionnelle majeure.
© CongoForum – rédaction, 08.06.26
Image – source: presse congolaise