Rapport de l’ONU: des fractures internes fragilisent l’AFC/M23 malgré une force estimée à 30 000 combattants (CongoForum)

KINSHASA – Le dernier rapport du Groupe d’experts des Nations unies apporte un nouvel éclairage sur les dynamiques internes de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23). Si le mouvement armé conserve une importante capacité militaire, estimée à près de 30 000 combattants, les experts mettent en évidence des divergences stratégiques et des rivalités internes qui interrogent sa cohésion.

Selon le rapport, le projet d’étendre l’offensive militaire jusqu’à Kinshasa n’aurait pas fait consensus au sein de la rébellion. Les experts indiquent que, tandis que Corneille Nangaa et Joseph Kabila auraient envisagé une conquête du pouvoir dans la capitale, une partie importante des dirigeants du M23 se serait opposée à toute progression militaire au-delà du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Cette divergence révèle des visions différentes quant aux objectifs politiques et militaires du mouvement.

Le document fait également état de tensions liées au partage des ressources et à la répartition des postes de commandement. Des sources citées par les experts évoquent un sentiment de frustration chez certains membres, alimenté par un traitement jugé favorable aux officiers et combattants tutsis, une situation qui aurait accentué les rivalités internes.

Sur le plan militaire, le Groupe d’experts estime que l’AFC/M23 dispose d’environ 30 000 combattants. Ces effectifs comprennent le noyau historique du M23 et de l’ancien CNDP, des recrues mobilisées depuis 2021, notamment au sein de la diaspora et dans les camps de réfugiés au Rwanda. Ils incluent également plusieurs milliers d’anciens membres des FARDC, de la Police nationale congolaise, des groupes Wazalendo ainsi que d’autres forces locales, capturés ou ayant rejoint le mouvement après la prise de Goma.

Ces conclusions dressent le portrait d’un mouvement armé qui, malgré sa montée en puissance sur le terrain, est confronté à des défis de cohésion interne. Pour les experts des Nations unies, ces tensions pourraient avoir une incidence sur les orientations stratégiques et l’évolution de l’AFC/M23, dans un contexte où la crise sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo demeure l’une des plus préoccupantes de la région des Grands Lacs.

© CongoForum – rédaction, 12.07.26

Image – source: presse congolaise

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