
BUTEMBO – Alors que la rentrée scolaire a eu lieu le 1er septembre, la persistence dramatique de l’épidémie à virus Ebola plonge les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri dans une vive inquiétude. Face à la dégradation rapide de la situation sanitaire, les autorités religieuses et politiques multiplient les appels d’urgence auprès du gouvernement central.
Dans une correspondance officielle adressée le 31 août à la Ministre d’État en charge de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté, le député national Mumbere Mukweso Remyxon, a formulé une demande formelle pour le report d’un mois du retour des classes pour l’année 2026-2027.
L’élu de la ville de Butembo justifie cette démarche préventive par la nécessité d’éviter que les établissements scolaires ne se transforment en foyers de contamination à grande échelle pour les enfants et le personnel éducatif.
Cette prise de position rejoint l’alerte maximale lancée par la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO). Dans une déclaration alarmante, les évêques catholiques ont dressé un bilan critique de la crise, dénonçant un manque criant de matériels de protection dans les structures sanitaires, la démotivation des soignants en première ligne ainsi que la propagation de la désinformation au sein des communautés.
Les données épidémiologiques confirment la gravité de la flambée. Si le bilan de la CENCO arrêté au 25 août affichait déjà 5 713 cas confirmés et 2 744 décès, les chiffres continuent d’augmenter.
Selon le dernier bulletin épidémiologique daté du 02 septembre, la barre des 6 250 cas confirmés a été franchie, comptabilisant désormais 3 039 décès contre 1 439 guérisons.
Face à ce taux de létalité redoutable, l’Église et les élus locaux exhortent la population à observer strictement les gestes barrières et les mesures de prévention, tout en attendant un arbitrage rapide de Kinshasa concernant le calendrier scolaire dans les zones sinistrées.
© CongoForum – Roger Mulyata, 03.09.26
Image – source: presse congolaise