
KINSHASA – Vital Kamerhe remet en question l’héritage politique de l’ancien président Joseph Kabila, qu’il appelle à assumer les responsabilités liées à ses dix-huit années à la tête de la République démocratique du Congo (RDC). Cette sortie intervient dans un contexte marqué par une nouvelle séquence politique autour du Front pour la refondation de la nation, associé à l’ancien chef de l’État.
Dans sa sortie médiatique , Vital Kamerhe estime que Joseph Kabila ne peut se présenter comme une alternative aux difficultés actuelles du pays sans répondre de son propre bilan. « On n’efface pas son propre bilan en accusant son successeur », déclare-t-il, contestant ainsi toute tentative de faire porter à l’actuel pouvoir l’entière responsabilité des problèmes politiques, sécuritaires et économiques auxquels le pays est confronté.
Un bilan passé au crible
Dans cette même intervention, M. Kamerhe évoque plusieurs secteurs dans lesquels l’ancien président devait, selon lui, apporter des avancées significatives, notamment la consolidation des institutions, le renforcement des Forces armées, le développement économique et la protection des populations.
Il rappelle également que la RDC dispose d’importantes ressources naturelles et d’une position géostratégique favorable, des atouts qui auraient dû contribuer davantage au développement du pays et à son rayonnement sur le continent africain.
Pour Kamerhe, les difficultés persistantes de la RDC ne peuvent être analysées sans tenir compte des choix politiques et des responsabilités des dirigeants qui se sont succédé à la tête de l’État.« Vous ne pouvez pas vous présenter aujourd’hui comme un homme étranger aux blessures de notre peuple, sans responsabilité aucune, de ses fragilités, sans compte à rendre sur l’histoire », affirme-t-il, selon le média précité.
La question sécuritaire au cœur des critiques
Cette prise de position intervient alors que plusieurs régions de la RDC continuent de subir les conséquences des conflits armés. Les violences ont entraîné des pertes en vies humaines, des déplacements massifs de populations ainsi que des perturbations dans la scolarité de nombreux enfants.
Vital Kamerhe considère que les rébellions successives n’ont pas permis de répondre durablement aux attentes des Congolais en matière de sécurité, de justice et de prospérité. Il plaide ainsi pour que les divergences politiques et les frustrations liées à la gouvernance trouvent leur issue dans des mécanismes démocratiques, plutôt que dans le recours aux armes.
Le débat politique relancé
La sortie de Vital Kamerhe intervient dans un climat de recomposition politique, marqué notamment par les initiatives attribuées à Joseph Kabila autour du Front pour la refondation de la nation. Elle remet au centre du débat la question de la responsabilité des anciens dirigeants et celle de leur capacité à proposer de nouvelles solutions aux problèmes du pays après avoir exercé le pouvoir.
Au-delà des échanges entre acteurs politiques, cette confrontation soulève une question fondamentale: comment construire une nouvelle perspective pour la RDC sans tirer les leçons des expériences politiques passes?
Pour Vital Kamerhe, la recherche de la paix, de la cohésion nationale et du développement suppose que chaque responsable politique assume sa part de responsabilité dans l’histoire du pays.
© CongoForum – redaction, 14.10.26
Image – source: presse congolaise