
BUTEMBO/BENI – Le programme multisectoriel de nutrition et de santé ainsi que la gratuité de la maternité et des soins du nouveau-né peinent à atteindre leurs objectifs dans plusieurs structures sanitaires du Nord-Kivu.
Face aux blocages financiers persistants, des voix s’élèvent pour exiger l’implication urgente de l’Inspection générale des finances (IGF). Face aux allégations faisant état de blocages de fonds alloués au programme de gratuité de la santé dans les structures sanitaires de Muhanga et de Kiviri en territoiren de Lubero, le docteur Khadi Touré monte au créneau pour tordre le cou à ces rumeurs et rétablir la vérité.
Lancé pour matérialiser la vision du Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, en matière de couverture santé universelle, le pilier axé sur la gratuité de la maternité et des soins du nouveau-né connaît de sérieux dysfonctionnements sur le terrain. Des informations concordantes révèlent que le Centre hospitalier de Muhanga et le Centre de santé de Kiviri, situés en territoire de Lubero, n’ont jamais reçu le paiement de leurs prestations, et ce, en dépit de la validation régulière de leurs factures depuis l’année 2024.
Ces fonds auraient été bloqués pour se retrouver aujourd’hui dans les poches de certains individus véreux qui ne jurent que par l’échec de ce programme présidentiel, dénonce le député provincial honoraire Aisé Kambale Kanendu. Cet ancien parlementaire fait savoir que cette situation critique asphyxie des structures sanitaires qui ont pourtant épuisé toutes leurs réserves et leur énergie dans l’exécution de ces contrats dits « de sauvetage de vies ».
Face à la menace qui pèse sur l’image du pays et sur l’avenir des générations futures, notre source estime qu’il est plus qu’urgent que l’Inspection générale des finances (IGF) puisse se pencher sur cette question. « Une intervention de l’IGF s’avère indispensable pour identifier les auteurs de ces détournements, décourager les réseaux mafieux et rétablir au plus vite les prestataires de santé de ces structures dans leurs droits », exige Aisé Kambale Kanendu.
Tout en comprenant la complexité des défis liés à l’implémentation de la Couverture Santé Universelle voulue par le Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, les responsables de ces structures rappellent l’importance de faire preuve de rigueur et d’objectivité pour ne pas ternir l’image des gestionnaires qui s’investissent au quotidien dans l’exécution de ces programmes sociaux.
Réaction des gestionnaires du projet
Le docteur Khady Touré rejette catégoriquement l’idée selon laquelle les fonds de ce programme présidentiel auraient été détournés ou bloqués au profit de particuliers. Selon les précisions apportées, ces deux structures de santé n’ont tout simplement jamais fait partie de la liste initiale éligible établie par l’Agence de Régulation de l’Accès (ARCA).
Selon le docteur Khady, les éléments en possession des gestionnaires démontrent que dès le mois de mai 2025, la cellule technique de l’Agence Stratégique et une structure du Ministère de la Santé avaient officiellement notifié au Directeur de l’Établissement Public du Nord-Kivu que le Centre de santé de Kiviri et le Centre hospitalier de Muhanga ne figuraient pas sur la liste des structures validées.
De plus, l’avocat conseil des structures de santé, interpellé par la suite, avait également relevé dans ses réponses l’absence de contrats liant directement ces institutions au projet durant les périodes prétendument concernées par les facturations.
© CongoForum – Roger Mulyata, 26.10.26
Image – source: presse congolaise