Nord et Sud-Kivu : une mobilisation citoyenne s’organise contre toute révision constitutionnelle(CongoForum)

GOMA-Une nouvelle dynamique citoyenne prend forme dans l’est de la République démocratique du Congo. Ce jeudi 30 avril, des organisations de la société civile, appuyées par des mouvements citoyens et des confessions religieuses, ont officiellement lancé une campagne de résistance dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Leur mot d’ordre est clair : dire non à toute modification de la Constitution actuelle et exiger le respect du calendrier électoral prévu pour 2028.

Réunis devant la presse, les initiateurs de cette mobilisation ont insisté sur la portée historique et symbolique de la Constitution de 2006, issue du référendum de 2005. À leurs yeux, ce texte constitue bien plus qu’un cadre juridique : il représente le fondement du vivre-ensemble et le socle qui a permis de reconstruire un pays fragilisé par des années de conflits.

Les intervenants ont mis en garde contre toute tentative de révision, qu’ils perçoivent comme une remise en cause du consensus national ayant conduit, en 2018, à la première alternance pacifique au sommet de l’État. Pour ces acteurs, les difficultés actuelles — marquées par la dégradation des conditions de vie, la persistance de l’insécurité et les accusations de mauvaise gouvernance — ne justifient en rien une réforme constitutionnelle.

Certaines voix au sein du mouvement ont exprimé des inquiétudes plus profondes encore. Selon elles, modifier la Constitution dans un contexte de fragmentation sécuritaire pourrait accentuer les divisions territoriales. L’idée d’une application inégale de la loi fondamentale dans les zones sous contrôle de groupes armés alimente la crainte d’une « balkanisation de fait » du pays.

Par ailleurs, les organisateurs redoutent un impact négatif sur les processus de paix en cours, notamment ceux impliquant des partenaires internationaux. Toute remise en cause des engagements institutionnels pourrait, selon eux, compromettre les efforts diplomatiques et prolonger l’instabilité dont souffrent particulièrement les populations déplacées.

Derrière cette initiative citoyenne, une accusation centrale se dessine : celle d’une volonté politique de prolonger le pouvoir au-delà des échéances constitutionnelles, un scénario souvent qualifié de « glissement ». Une perspective que les acteurs de la mobilisation rejettent catégoriquement.

Dans les prochains jours, plusieurs actions de terrain sont annoncées pour intensifier la pression sur les autorités centrales à Kinshasa. Les organisateurs promettent une mobilisation pacifique mais déterminée, affirmant leur engagement à défendre ce qu’ils considèrent comme les acquis démocratiques fondamentaux du pays.

© CongoForum – rédaction, 30.04.26

Image – source: presse congolaise

Nos sponsors