Le PPRD rejette sa dissolution et accuse le Conseil d’État de « coup de force judiciaire » (CongoForum)

KINSHASA – Le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), formation politique de l’ancien président Joseph Kabila, conteste fermement la décision du Conseil d’État prononçant sa dissolution. Dans une déclaration publiée le 30 octobre 2026, son Bureau politique dénonce une « monstruosité juridique » et remet en question la compétence de cette juridiction.

La décision de dissolution du PPRD continue de susciter des réactions dans le paysage politique congolais. Le parti de Joseph Kabila ne compte visiblement pas accepter cette mesure sans contestation. Dans une déclaration officielle, ses responsables parlent d’un « coup de force judiciaire » et estiment que la décision du Conseil d’État repose sur un fondement juridique contestable.

Au cœur de leur argumentation figure la loi du 15 mars 2004 relative aux partis politiques. Les responsables du PPRD soutiennent que cette législation encadre les conditions et les compétences des juridictions habilitées à intervenir dans la dissolution d’une formation politique. Ils estiment que la loi organique portant organisation et fonctionnement des juridictions de l’ordre administratif ne reconnaît pas au Conseil d’État un tel pouvoir.

« Sur quel fondement légal le Conseil d’État s’arroge-t-il le pouvoir de dissoudre un parti politique ? », s’interrogent les signataires de cette déclaration, qui considèrent cette décision comme une atteinte aux principes de légalité et de compétence juridictionnelle.

Des revendications qui dépassent la dissolution

Au-delà de la contestation judiciaire, le PPRD réclame également la libération de plusieurs de ses cadres détenus, notamment Aubin Minaku et Emmanuel Ramazani Shadary. Le parti demande aussi la levée des mesures de suspension visant douze autres formations politiques.

Sur le plan politique, le Bureau politique appelle ses militants à préserver leur unité et à poursuivre leur engagement sans céder aux provocations. Un message qui traduit la volonté du parti de maintenir sa présence dans un contexte politique particulièrement tendu.

La communauté internationale interpellée

Dans sa déclaration, le PPRD sollicite également l’intervention de la communauté internationale, notamment des Nations unies, de l’Union africaine et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).

Le parti invite ces organisations à se montrer attentives à la situation des libertés politiques et des droits de l’opposition en République démocratique du Congo. Il les met notamment en garde contre ce qu’il considère comme une possible dérive institutionnelle, en évoquant le débat autour d’une éventuelle révision constitutionnelle et d’un troisième mandat présidentiel.

Une nouvelle tension dans le paysage politique congolais

Cette contestation intervient dans un climat marqué par des tensions entre le pouvoir et plusieurs acteurs de l’opposition. La dissolution du PPRD, les suspensions d’autres formations politiques et les arrestations de certaines figures politiques alimentent davantage le débat sur l’espace démocratique en RDC.

Reste désormais à savoir quelles seront les suites judiciaires et politiques de cette contestation. Au-delà du bras de fer entre le PPRD et le Conseil d’État, cette affaire pose une question essentielle: celle du respect des procédures légales, de l’indépendance de la justice et des garanties accordées aux partis politiques dans une démocratie.

© CongoForum – rédaction, 02.11.26

Image – source: presse congolaise

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