Kinshasa: la commission PAJ du Sénat adopte le rapport sur la loi référendaire dans un climat de fortes tensions politiques (CongoForum)

KINSHASA – La Commission politique, administrative et juridique (PAJ) du Sénat de la République démocratique du Congo a adopté, dimanche 14 juin à Kinshasa, son rapport sur la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum, au terme de deux jours d’examen approfondi. Cette étape intervient dans un contexte marqué par de fortes tensions politiques, des manifestations meurtrières et une vive opposition au texte.

« Après deux jours de travaux intensifs, la commission Politique, administrative et juridique (PAJ) du Sénat a adopté ce dimanche 14 juin, à l’unanimité de ses membres, le rapport relatif à l’examen de la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum en République démocratique du Congo », indique une note publiée sur le compte officiel du Sénat.

Selon la Chambre haute, le rapport adopté sera transmis au président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, avant son inscription à l’ordre du jour d’une séance plénière. Cette adoption constitue une nouvelle avancée pour ce texte, déjà validé par l’Assemblée nationale et présenté par ses promoteurs comme un cadre juridique nécessaire à l’organisation d’éventuelles consultations référendaires dans le pays.

Les travaux de la PAJ ont bénéficié de l’appui technique des experts de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), associés aux discussions afin d’éclairer les sénateurs sur les aspects liés à l’organisation matérielle d’un référendum. Plusieurs sénateurs non membres de la commission ont également participé aux échanges, sans toutefois disposer du droit de vote.

Le président de la PAJ, le sénateur Jules Lodi, a salué la qualité des débats ainsi que les contributions des parlementaires et des experts de la CENI. Il a également félicité le personnel administratif du Sénat pour son accompagnement tout au long des travaux.

Une initiative qui divise la classe politique

L’examen de cette proposition de loi continue toutefois de susciter de vives controverses au sein de la classe politique congolaise. L’opposition accuse la majorité de vouloir ouvrir la voie à des réformes institutionnelles susceptibles de modifier l’équilibre actuel des institutions du pays.

Lors de l’examen du texte à l’Assemblée nationale, plusieurs députés de l’opposition avaient quitté l’hémicycle en signe de protestation, dénonçant une initiative qu’ils jugent inopportune dans le contexte politique actuel.

Ces tensions se sont également manifestées dans les rues de Kinshasa le vendredi 12 juin, lors de manifestations organisées contre le projet de référendum. Selon plusieurs sources politiques et de la société civile, ces protestations ont fait plusieurs victimes et de nombreux blessés, accentuant les inquiétudes autour de ce dossier particulièrement sensible.

Un débat politique majeur

La question du référendum s’impose désormais comme l’un des principaux sujets de débat politique en RDC. Ses partisans y voient un mécanisme démocratique prévu par la Constitution, tandis que ses détracteurs craignent qu’il ne serve de levier à d’importants changements institutionnels.

Cette nouvelle étape franchie au Sénat intervient dans un climat de méfiance persistante entre la majorité et l’opposition. Depuis la présentation de cette proposition de loi, les contestations n’ont cessé de s’intensifier, alimentées tant par les protestations au Parlement que par les manifestations dans la capitale, illustrant la sensibilité d’un dossier qui continue de profondément diviser la classe politique congolaise.

© CongoForum – rédaction, 15.06.26

Image – source: le Sénat

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