Est de la RDC: le député Carly Nzanzu Kasivita dénonce un « chaos fiscal » sur le prix du carburant (CongoForum)

BENI – ​Alors que le gouvernement central s’active pour stabiliser les prix à la pompe, des taxes provinciales jugées illégales et intempestives viennent plomber le pouvoir d’achat dans le Nord-Kivu, l’Ituri et la Tshopo. L’élu de Beni, Carly Nzanzu Kasivita, interpelle le Vice-Premier Ministre de l’Économie.

​​Le panier de la ménagère est-il sacrifié sur l’autel d’intérêts provinciaux opaques ? C’est, en substance, le cri d’alarme lancé par le Député national Carly Nzanzu Kasivita.

Dans une correspondance adressée au Vice-Premier Ministre (VPM) en charge de l’Économie nationale, l’élu dénonce avec véhémence les dérives de la « taxe conventionnelle » et d’autres prélèvements parafiscaux qui étranglent le secteur des hydrocarbures dans l’Est de la République Démocratique du Congo.

​Tout en saluant les efforts de Kinshasa pour fixer des prix équitables, le député Kasivita pointe du doigt un sabotage orchestré au niveau local. Selon lui, certains Gouverneurs de province pourtant représentants du pouvoir central imposent des frais sans base juridique solide.

​Le constat est chiffré et alarmant.

Au Nord-Kivu: un prélèvement de 2 000 $ géré hors circuit financier, couplé à un forfait de 1 000 $ au profit de l’Association des déclarants (ACCAD), portant la charge à 4 000 $ pour un camion de 40 m³.

​En Ituri: un n prélèvement de 1 500 $.

​Dans la Tshopo: le record est atteint avec 4 800 $ de prélèvement par cargaison.

​« Ces taux contredisent fondamentalement la vision du ministre de l’Économie visant à protéger le pouvoir d’achat de la population », martèle le député.

Le cas alarmant de la taxe FONER

​Outre les dérives provinciales, Carly Nzanzu Kasivita soulève une autre anomalie nationale, le doublement de la taxe FONER. Passée de 50 à 100 par m³ par rapport à 2025, cette hausse pèse lourdement sur une région déjà meurtrie par les affres de la guerre.

Pour l’élu, cette pression fiscale est insupportable pour une économie locale sinistrée et demande une concertation urgente entre les ministères de l’Économie, des Infrastructures et des Finances.

Le plaidoyer pour une régulation stricte

​Face à ce qu’il qualifie de « désordre », le député national formule cinq exigences majeures auprès du VPM de l’Économie :

-​ Plafonner la taxe conventionnelle pour éviter l’anarchie, à l’instar de ce qui a été fait pour le secteur aérien.

-​ Convoquer une table ronde réunissant les délégués provinciaux (publics et privés) et les caucus de députés nationaux.

-​ Rappeler à l’ordre les Gouverneurs : les arrêtés provinciaux doivent se conformer aux lois nationales, le secteur des hydrocarbures étant une compétence exclusive du pouvoir central.

-​ Cesser immédiatement toute perception illégale.

-​ Faire respecter la structure de prix officielle.

​Pour Carly Nzanzu Kasivita, la stabilisation du climat des affaires et la survie sociale des populations de l’Est dépendent d’une réaction ferme de l’État. En s’attaquant à ces « parafiscalités intempestives », le gouvernement pourra enfin redonner du sens au credo « Le Peuple d’abord », dans une région où chaque dollar de trop sur le prix du carburant se traduit par une hausse immédiate du prix de la farine et du transport.

© CongoForum – Roger Mulyata, 07.05.26

Image – source: presse congolaise

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