
KINSHASA – La déclaration de Lambert Mende selon laquelle « tant que l’agression rwandaise existera dans l’Est du pays, le Président Félix Tshisekedi restera au pouvoir » n’est pas passée inaperçue. En liant la durée du mandat présidentiel à la persistance du conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo, l’ancien ministre remet au centre du débat la question du respect des principes constitutionnels en période de crise.
Pour de nombreux observateurs, faire de l’insécurité un argument pour justifier une prolongation du pouvoir soulève des interrogations sur l’avenir de l’État de droit. La Constitution encadre clairement la durée du mandat présidentiel et ne prévoit pas que l’existence d’une agression étrangère puisse, à elle seule, servir de fondement à son maintien au pouvoir.
Alors que les violences continuent d’affecter les populations de l’Est, les attentes des Congolais restent les mêmes: garantir la sécurité, restaurer la paix et améliorer les conditions de vie des citoyens. Dans ce contexte, le débat ne porte pas seulement sur des déclarations politiques, mais aussi sur la capacité des institutions à concilier la gestion d’une crise sécuritaire avec le respect des règles démocratiques.
Au-delà de la polémique, cette prise de position ravive une question essentielle: la guerre peut-elle justifier une remise en cause des principes constitutionnels, ou doit-elle, au contraire, renforcer l’exigence de gouvernance, de responsabilité et de respect de l’alternance démocratique?
© CongoForum – rédaction, 06.08.26
Image – source: presse congolaise