Est de la RDC: la société civile du Nord-Kivu accuse le Kenya de soutenir les déstabilisateurs (CongoForum)

BUTEMBO/BENI – Dans une déclaration rendue publique ce lundi 19 octobre 2026, la  Coordination provinciale de la Société civile, Forces vives du Nord-Kivu est montée au créneau pour dénoncer le rôle du régime kényan dans la crise sécuritaire qui ravage l’est de la République démocratique du Congo.

Les acteurs de la société civile pointent du doigt la tenue de conclaves politiques et militaires à Nairobi, perçus comme une complicité directe avec les groupes armés.

​Par la voix de ses représentants, la société civile du Nord-Kivu accuse ouvertement le président kényan William Ruto de faciliter la tenue de réunions secrètes réunissant des groupes armés, des acteurs politiques, ainsi que l’ancien président congolais Joseph Kabila et ses alliés.

Selon les Forces vives, ces conclaves organisés sans retenue ni gêne offrent un espace de coordination stratégique aux principaux architectes des violences qui endeuillent la région.

​La « maternité politique » du Kenya fustigée

​Pour les leaders communautaires, ces récents rassemblements à huis clos ont franchi un nouveau seuil avec l’annonce de la création d’une branche armée parallèle liée à l’Alliance Fleuve Congo, AFC/M23. L’attitude des autorités kényanes est vivement critiquée et perçue comme une caution explicite, voire une maternité politique, accordée à ces mouvements rebelles.

​La société civile déplore également l’insensibilité affichée lors de ces rassemblements politiques: aucun message de compassion ni de solidarité n’a été adressé aux millions de populations congolaises victimes directes des exactions armées et des déplacements forcés.

​Un appel pressant à la désolidarisation et à la vigilance

​Face à ce qu’elle qualifie de manœuvres d’infiltration insidieuse, la Coordination provinciale lance un double appel. Le people congolais est invité à une désolidarisation totale vis-à-vis de ces alliances politiques et militaires, accusées de servir prioritairement les agendas des ennemis de la RDC au mépris de la souveraineté nationale.

​Ensuite, un appel aux autorités et services de sécurité de la RDC. Ils sont demandés urgemment de renforcer des dispositifs de surveillance et de vigilance sécuritaire le long des frontières et sur l’ensemble du territoire national pour contrecarrer ces nouvelles menaces.

​Alors que la tension diplomatique reste vive dans la région des Grands Lacs, cette prise de position des forces vives du Nord-Kivu accentue la pression sur la diplomatie congolaise et remet au centre du débat le rôle des États voisins dans la résolution ou l’aggravation du conflit.

© CongoForum – Roger Mulyata, 21.10.26

Image – source: presse congolaise

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