Éducation: lancement de l’Examen d’État 2025 dans un climat d’insécurité à l’Est (CongoForum)

KINSHASA — Malgré un contexte sécuritaire préoccupant à l’est de la République démocratique du Congo, la session ordinaire de l’Examen d’État (Exetat) 2025 a été officiellement lancée ce lundi sur toute l’étendue du territoire national.

Ce sont au total 1 079 341 élèves finalistes du secondaire qui prennent part à ces épreuves nationales, qui se dérouleront du 28 au 31 juillet dans 3 165 centres répartis à travers le pays. Ce moment décisif pour des centaines de milliers de jeunes congolais est toutefois terni, dans plusieurs régions de l’Est, par la persistance des violences armées.

Ce jour restera gravé dans la mémoire des finalistes de l’Est de la République Démocratique du Congo. À Goma comme à Bukavu, malgré les stigmates d’une guerre qui a secoué la région en janvier dernier, plus de 11 000 jeunes filles prennent part aux épreuves de l’examen d’État 2025.

Malgré les armes, l’espoir n’a pas été réduit au silence. « On n’y croyait plus… La guerre a tout bouleversé. Mais aujourd’hui, nous y sommes. Grâce à Dieu, nous écrivons notre avenir. », confie, le regard plein de fierté, une élève rencontrée au centre de lancement des épreuves.

Drame à Komanda, résilience des élèves

À Komanda, localité du territoire d’Irumu (province de l’Ituri), les épreuves ont débuté dans un climat de deuil. La veille de l’examen, une attaque attribuée aux rebelles ADF/MTM a causé la mort d’au moins 43 personnes, selon les sources locales. Malgré ce drame, les épreuves ont été maintenues, signe de la détermination des autorités et des élèves à ne pas céder face au terrorisme.

Nord-Kivu et Sud-Kivu : examens sous tension

Dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, les examens se tiennent également dans des conditions difficiles, en raison des affrontements entre les rebelles AFC/M23, soutenus par l’armée rwandaise selon Kinshasa, et les groupes d’autodéfense Wazalendo.

D’après Jean-Marie Mwayesi, Inspecteur principal provincial du Sud-Kivu, 20 500 élèves n’ont pas pu participer aux épreuves préliminaires de dissertation et d’oral de français en juin dernier. En outre, 635 écoles sont restées fermées à cause de l’insécurité persistante dans des territoires tels que Kalehe, Walungu, Walikale et Masisi.

Soutien de l’État pour les élèves touchés

Lors de la cérémonie officielle de lancement à Kinshasa, la ministre d’État à l’Éducation nationale et à la Nouvelle citoyenneté, Raïssa Malu Dinanga, a salué la résilience des élèves et annoncé que les frais de participation à l’Exetat ont été pris en charge par l’État pour les établissements situés dans les zones affectées par l’insécurité. Une mesure rendue possible, a-t-elle souligné, grâce à l’engagement personnel du Président de la République.

Malgré les défis, les élèves congolais poursuivent leur parcours académique avec courage, témoignant d’un espoir tenace face aux turbulences qui secouent certaines régions du pays.

© CongoForum – rédaction, 28.07.25

Image – source: ministère de l’Enseignement primaire et secondaire

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