Crise humanitaire en RDC: Ève Bazaïba au cœur de la controverse, la société civile exige sa démission pour « abus de pouvoir » (CongoForum)

KINSHASA — La situation des défenseurs des droits humains et la crise humanitaire en République démocratique du Congo suscitent de nouvelles préoccupations au sein de la société civile. Réunis à Kinshasa, plusieurs acteurs ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme des atteintes aux libertés publiques et ont particulièrement mis en cause la ministre des Affaires sociales, de l’Action humanitaire et de la Solidarité nationale, Ève Bazaïba.

Lors d’une conférence de presse, Mgr Pax André Marie Kito Masimango, présenté comme l’un des leaders de la société civile en RDC, a appelé les autorités à garantir aux défenseurs des droits humains la possibilité d’exercer leurs activités sans intimidation, menace ni arrestation arbitraire.

Selon lui, la crise humanitaire que traverse le pays doit également faire l’objet d’un contrôle citoyen. Il a notamment évoqué la situation de millions de Congolais déplacés par les conflits dans l’Est, ainsi que celle des réfugiés congolais installés dans les pays voisins, notamment au Burundi et en Tanzanie.

Le cas Josée Bishop au centre des revendications

La situation de l’activiste Josée Bishop figure au cœur des préoccupations exprimées par les représentants de la société civile. D’après Mgr Kito, l’activiste aurait été interpellée après avoir demandé des explications sur la gestion des ressources mobilisées pour la réponse humanitaire.

Le responsable de la société civile affirme que cette démarche relevait du droit des citoyens à demander des comptes aux institutions publiques. Il accuse par ailleurs Ève Bazaïba d’avoir exercé son autorité dans le processus ayant conduit à l’interpellation de l’activiste.

Mgr Kito soutient que José Bishop aurait été invitée au cabinet de la ministre avant son interpellation. Il qualifie cette arrestation d’arbitraire et exige sa libération.

Ces accusations, formulées publiquement par les représentants de la société civile, restent toutefois à établir par les autorités et les instances judiciaires compétentes. La position officielle de la ministre Ève Bazaïba ou de son cabinet devra également être prise en compte pour établir les faits de manière contradictoire.

La société civile réclame la démission de Bazaïba

Au-delà du cas de Josée Bishop, les organisations de la société civile dénoncent ce qu’elles considèrent comme une restriction de l’espace civique et du contrôle citoyen. Elles rappellent que les citoyens et les organisations de la société civile doivent pouvoir questionner la gestion des ressources publiques, particulièrement lorsque celles-ci sont destinées à répondre à une crise humanitaire.

Les leaders réunis à Kinshasa affirment avoir adressé un mémorandum au président Félix-Antoine Tshisekedi. Parmi leurs principales revendications figurent la révocation d’Ève Bazaïba, la libération de Josée Bishop et la mise en place de garanties permettant aux défenseurs des droits humains d’exercer leur mission dans le respect des libertés publiques.

Une crise humanitaire qui demeure préoccupante

Les revendications de la société civile dépassent cependant le seul dossier de Josée Bishop. Les organisations demandent également un renforcement de l’aide humanitaire destinée aux populations déplacées et aux réfugiés congolais vivant dans les pays voisins.

Elles appellent notamment à un financement accru du plan du HCR et à une assistance urgente en faveur des réfugiés. Elles demandent également le renforcement de la réponse sanitaire face à l’épidémie d’Ebola.

Pour Mgr Pax André Marie Kito Masimango, cette situation pose une question fondamentale sur le fonctionnement de l’État de droit en RDC: celle de la capacité des institutions à accepter la critique, la contradiction et le contrôle citoyen.

La société civile évoque enfin le précédent de Floribert Chebeya, défenseur des droits humains assassiné en 2010, dont le nom demeure associé aux dangers auxquels peuvent être exposés les acteurs de la défense des droits humains en RDC.

Les organisations appellent ainsi les autorités congolaises à privilégier le dialogue, la justice et le respect des libertés publiques afin de préserver la confiance entre les institutions et les citoyens et d’éviter une nouvelle dégradation de l’image de la RDC sur la scène internationale.

© CongoForum – rédaction, 27.08.26

Image – source: presse congolaise

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