Carnage à Beni: le bilan grimpe à 15 morts, la société civile dénonce la passivité de l’armée (CongoForum)

BENI – ​Le bilan de la sanglante incursion attribuée aux rebelles ADF à Beni s’est lourdement aggravé, passant de 8 à 15 morts. Face à ce nouveau drame, la société civile fustige l’inefficacité de l’état de siège et un « deux poids, deux mesures » du gouvernement congolais face aux groupes armés.

​​Le choc et la désolation secouent la ville de Beni, chef-lieu provisoire de la province du Nord-Kivu. Alors qu’un premier bilan faisait état de 8 civils lâchement exécutés lors de l’attaque d’un campement de déplacés de la communauté pygmée au quartier Ngandi, 7 autres corps ont été découverts ce dimanche à environ 10 kilomètres à l’est de cette entité.

​Selon les premiers éléments, ces nouvelles victimes faisaient partie d’une dizaine de civils pris en otages quelques heures plus tôt par les assaillants au village Vemba, une localité située à une dizaine de kilomètres du centre-ville. Des rescapés avaient alerté les autorités dès samedi, mais les otages ont été exécutés peu avant l’assaut du campement de Ngandi.

​Parmi les personnes massacrées se trouve Nzanzu Mangese, un artiste humoriste célèbre et figure emblématique de la communauté autochtone pygmée, dont la mort suscite une vive émotion dans la région.

​De leur côté, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont affirmé être à la poursuite des terroristes des Forces démocratiques alliées (ADF) et de leurs alliés, ce dimanche, dans l’espoir de libérer les civils encore aux mains des ravisseurs.

​Colère de la société civile

​Ce nouveau massacre a provoqué une onde de choc et de colère au sein des forces vives locales. Réagissant à cette tragédie survenue dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31 mai 2026, la société civile d’Oicha, chef-lieu du territoire de Beni, est montée au créneau pour dénoncer l’inaction des forces de l’ordre.

​« Il est inadmissible qu’avec seulement trois territoires sous contrôle et malgré l’état de siège, le gouverneur soit incapable de rétablir la paix dans la moitié du territoire placé sous son autorité », a martelé Darius Syayira, premier rapporteur de la société civile d’Oicha.

​Le porte-parole citoyen a ouvertement dénoncé la « passivité » de l’armée dans la traque des ADF. Il accuse par ailleurs le gouvernement central de faire preuve de partialité sécuritaire, affirmant que Kinshasa n’accorde pas à la menace des ADF le même niveau de priorité et d’attention qu’à celle du M23 dans le reste de la province.

​Appel pressant à l’autoprotection

​Devant ce qu’elle qualifie de défaillance des autorités militaires, la société civile appelle désormais la population d’Oicha et de ses environs à la plus grande vigilance. ​Darius Syayira demande instamment aux habitants de renforcer les mesures d’autoprotection, tout en continuant à collaborer avec les services de sécurité en signalant immédiatement tout mouvement suspect de l’ennemi.

L’heure est à la mobilisation citoyenne pour éviter de nouveaux drames dans une région déjà meurtrie par des décennies de violences.

© CongoForum – Roger Mulyata, 31.05.26

Image: Nzanzu Mangese

Source: presse congolaise

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