Butembo: vers un réseau inclusif de survivants pour reconstruire l’est de la RDC (CongoForum)


BUTEMBO – À l’occasion de la Journée internationale de la paix, une rencontre majeure s’est tenue à la cathédrale de Butembo, réunissant des victimes et survivants des massacres et de la guerre du M23. L’objectif, structurer un réseau inclusif capable d’accélérer la transition des rescapés vers un rôle actif de bâtisseurs de paix.

Dans l’enceinte de la cathédrale, l’émotion était palpable lors du rassemblement commémoratif consacré à la Journée internationale de la paix. L’activité a réuni des femmes et des hommes profondément marqués par les violences armées et les exactions commises dans le cadre de la guerre subie dans l’est de la République Démocratique du Congo.

« Là où la paix est absente, il y a certainement des victimes, des personnes qui ont vécu ou qui continuent à vivre les conséquences de cette absence de paix dans leur corps et dans leur cœur », a rappelé Rose Tuombeane, responsable de la Dynamique des Femmes pour la Bonne Gouvernance.

Muer la souffrance en action: plaider « avec » et non « pour » la victime

L’enjeu central de cette journée a dépassé le cadre du simple hommage commémoratif. Il s’agissait d’initier une réflexion collective sur la contribution directe des victimes à la restauration du climat de paix. 

L’organisation milite pour un changement paradigmatique: amener les rescapés à quitter le statut passif de victime ou de survivant pour devenir de véritables acteurs et actrices du changement.

Cette démarche s’appuie sur une philosophie d’autonomisation et de responsabilisation:

–        Une stratégie collaborative, mener un plaidoyer non pas pour la victime, mais avec la victime.

–        Le renforcement des capacités: structurer les rescapés en associations et leur transmettre des outils techniques en droits humains, en techniques d’écoute et en plaidoyer institutionnel.

–        L’autonomie d’action: permettre aux victimes de porter leur propre voix auprès de la population et des décideurs.

Un réseau inclusif élargi aux hommes

Jusqu’alors concentrée sur l’accompagnement des femmes au sein d’initiatives comme l’association FORTE, l’action s’élargit désormais aux hommes touchés par le conflit. Grâce à l’identification des survivants masculins et à leur prise en charge sanitaire menée avec des partenaires clés au premier rang desquels le Fonds National des Réparations des Victimes (FONAREV), un nouveau réseau inclusif voit le jour. Ce cadre commun permettra aux hommes et aux femmes de collaborer côte à côte, de surmonter les traumatismes partagés et de faire entendre une voix unie pour la justice, la réparation et la paix durable dans la région.

© CongoForum – Roger Mulyata, 24.09.26

Image – source: presse congolaise

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