
BENI – Face à la résurgence d’attaques d’une violence inouïe dans le territoire et la ville de Beni (Nord-Kivu), la Conscience Féminine pour les Droits et le Développement (CFDD-RDC) brise le silence. Sa coordonnatrice nationale, Nadia Nyamushiya, tape du poing sur la table et appelle Kinshasa à repenser de fond en comble son approche militaire contre les terroristes des ADF-MTM/ISCAP.
Dans un communiqué de presse incisif publié ce vendredi 5 juin 2026, l’organisation dresse un bilan glaçant des récents massacres. La nuit du 31 mai à Ngadi a coûté la vie à six civils. À peine 48 heures plus tard, la nuit du 2 juin, une nouvelle incursion à Beni-Mbau laissait derrière elle un bilan provisoire de 23 morts.
« Des femmes, des enfants et des personnes vulnérables payent une fois de plus le prix le plus fort », déplore l’organisation, qui condamne avec la plus grande fermeté ces actes de barbarie.
Évaluer l’échec pour réajuster le tir

Devant l’enlisement de la crise au Nord-Kivu et en Ituri, Nadia Nyamushiya exhorte le gouvernement congolais à rompre avec la routine militaire. Elle recommande un audit approfondi et sans complaisance des opérations sécuritaires en cours afin d’adapter les tactiques à la guerre asymétrique menée par les ADF.
Pour la CFDD-RDC, la clé du succès réside dans trois piliers majeurs :
- La cohesion civilo-militaire: renforcer la confiance et la collaboration entre les forces de sécurité et les communautés locales pour une meilleure gouvernance sécuritaire.
- L’anticipation: déployer un système d’alerte précoce interconnecté à des mécanismes de réponse rapide pour saturer les zones vulnérables avant le passage à l’acte des terroristes.
- La vigilance citoyenne: la coordonnatrice appelle la population à remonter les informations en temps réel, à dénoncer tout mouvement suspect et à faire bloc contre la manipulation et les rumeurs.
Un appel à l’aide internationale contre le « deux poids, deux mesures »
La CFDD-RDC refuse de voir le drame de l’est de la RDC relégué au second plan de l’actualité mondiale. L’organisation interpelle directement la communauté internationale pour qu’elle reconnaisse la gravité du terrorisme qui frappe la région. Elle exige l’activation immédiate des mécanismes internationaux antiterroristes, au même titre que ceux déployés dans d’autres crises globales.
Parallèlement, un appel vibrant est lancé à la société civile, aux activistes des droits humains et aux partenaires internationaux pour intensifier le monitoring et le plaidoyer à l’échelle globale.
En présentant ses condoléances aux familles éprouvées, la CFDD-RDC rappelle l’urgence humanitaire globale : ces massacres s’abattent sur des populations déjà meurtries par les répercussions socio-économiques et sanitaires des crises locales, notamment l’épidémie d’Ebola qui continue de fragiliser la région.
© CongoForum – Roger Mulyata, 06.06.26
Images – source: presse congolaise