Secteur des Bapere: la société civile s’insurge contre les discours de haine et la xénophobie (CongoForum)


BUTEMBO – ​Face à l’apparition de tracts incitant à la haine tribale dans les rues de Manguredjipa, la coordination de la Société Civile « Forces Vives » du secteur des Bapere monte au créneau. Entre appel à l’unité et rappel à la loi, la structure citoyenne dénonce une manœuvre visant à fragiliser la région devant la menace sécuritaire.

​​Le climat social est sous tension dans le secteur des Bapere, en territoire de Lubero. Depuis peu, plusieurs avenues du centre de Manguredjipa ont été jonchées de tracts aux messages inquiétants, réclamant explicitement le départ des membres des communautés Nyanga et Nande. Un acte de xénophobie qui ne passe pas pour la société civile locale, laquelle y voit la main invisible de « l’ennemi ».

​Pour Samuel Kakule Kaheni, président de la société civile du secteur, ces écrits ne sont pas de simples provocations, mais une stratégie de déstabilisation délibérée. Alors que la région panse encore ses plaies après deux années d’atrocités commises par les rebelles de l’ADF, l’heure devrait être à la solidarité et non à la division. « Ces manœuvres facilitent le jeu de l’ennemi en créant une fissure au sein d’une population qui a pourtant besoin de renforcer sa résilience pour restaurer la sécurité », prévient la structure citoyenne dans son communiqué.

​Face à cette menace de fracture identitaire, la société civile interpelle les autorités à deux niveaux:

  • ​Au Gouvernement Provincial, elle demande l’organisation urgente d’un dialogue social afin de cimenter la cohésion entre les différentes communautés locales.
  • Aux Services de Sécurité, elle exige l’ouverture d’enquêtes rigoureuses pour identifier et interpeller les auteurs de ces tracts.

​La structure rappelle par ailleurs que ces actes tombent sous le coup de la loi. En vertu de l’article 30 de la Constitution, tout Congolais a le droit de circuler et de s’établir librement sur l’ensemble du territoire national. « Personne n’a le droit de chasser un autre Congolais », martèle le communiqué, rappelant que l’incitation à la haine tribale est un crime puni par le code pénal.

​Le message s’adresse également aux prestataires de services locaux, notamment les gérants de secrétariats publics et de bureaux de saisie. La société civile les exhorte à ne pas devenir complices en imprimant des messages de haine et à dénoncer toute personne sollicitant des services à caractère xénophobe.

​En somme, le cri de cœur de Manguredjipa est clair: « Non à la haine tribale, oui à la cohésion sociale ». Dans une région où la sécurité demeure fragile, l’unité est présentée comme l’arme ultime pour la survie et le développement du secteur des Bapere.

© CongoForum – Roger Mulyata, 11.05.26

Image – source: presse congolaise

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