
UVIRA – À Uvira, ce lundi 2 mars, ce ne sont pas seulement sept tonnes de semences de maïs qui ont été réceptionnées. C’est un espoir que l’on a vu descendre des camions, un espoir que la terre, une fois encore, peut réparer ce que la guerre a brisé.
Dans le cadre de la campagne nationale « Révolution agricole agressive », portée depuis Kinshasa, une délégation du ministère national de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire a officiellement remis le premier lot aux autorités provinciales. Vingt tonnes étaient annoncées; sept sont déjà là. Une première semence dans un champ immense de besoins.
Conduite par Lucianne Lutula, la délégation nationale n’a pas caché l’ambition du geste, transformer la crise sécuritaire en force de résilience. Dans une province marquée par les déplacements, les pertes et l’insécurité, chaque sac de semences devient une promesse silencieuse. Produire pour se nourrir. Produire pour ne plus dépendre. Produire pour tenir debout.
En réceptionnant la cargaison au nom du gouvernement provincial, le ministre Didier Kabi a salué « un signal fort » venu de l’État central. Mais derrière la gratitude, le réalisme demeure. Le Sud-Kivu a besoin de davantage: plus de semences, plus variées, des houes, des intrants, des tracteurs. Car la révolution agricole ne se décrète pas, elle se cultive, saison après saison.
Malgré l’ombre persistante des groupes armés dans plusieurs territoires, les ménages agricoles continuent de semer arachides, haricots et maïs. Ils labourent parfois sous la menace, mais toujours avec la conviction que la terre reste un refuge et une réponse.
Cette dotation n’est qu’un début. Pour porter ses fruits, elle devra s’accompagner d’un encadrement technique rigoureux et d’un suivi constant sur le terrain. La réussite ne dépendra pas seulement des tonnes distribuées, mais de la capacité à transformer ces graines en récoltes abondantes.
Au Sud-Kivu, l’heure n’est plus seulement aux discours. Elle est aux sillons tracés dans la poussière, aux mains plongées dans la terre rouge, aux champs qui reverdiront.
Ici, chaque graine semée est un acte de foi. Chaque récolte espérée, un pas vers une stabilité que les armes n’ont pas su offrir.
© CongoForum – rédaction, 04.03.26
Image – source: presse congolaise