
KINSHASA – Du 4 décembre 2025 au 30 janvier 2026, le Parc National de la Salonga accueille à Kinshasa une exposition de 50 dessins et tableaux au Centre culturel Texaf Bilembo. Cette initiative artistique offre une immersion sensible dans l’un des plus vastes parcs tropicaux protégés au monde, encore peu connu du grand public.
Les œuvres sont signées par les artistes peintres Jean Paul Rousseau et Pedro Cebrian Redondo qui ont séjourné au cœur de la Salonga en novembre 2025. Leur travail est une invitation à découvrir l’essence même de ce milieu exceptionnel : la chaleur humaine et la vitalité des communautés riveraines, le dynamisme de la nature et l’extraordinaire richesse de sa biodiversité.
À travers des dessins au crayon, des aquarelles, des peintures à l’huile sur toile et des œuvres à l’acrylique sur papier, les artistes traduisent la multitude de sensations que suscite ce lieu unique. Forêts denses, rivières sinueuses, faune emblématique et scènes de vie quotidienne composent une véritable immersion visuelle dans ce joyau du bassin du Congo.
« Le paysage fluvial, sa présence majestueuse, la lumière au cœur de la jungle, les rencontres, parfois même le contact avec les bonobos, sont profondément évocateurs. Les habitants sont une immense source d’inspiration pour un artiste », témoigne Pedro.
Le regard des artistes s’est également posé sur les baleinières. Au moins quatre tableaux sont consacrés à ces embarcations fluviales de fortune en bois, essentielles à la mobilité des populations locales, mais utilisées dans des conditions souvent pénibles et risquées. Ces œuvres soulèvent, en filigrane, la question de l’enclavement extrême du parc.
« Au cœur du bassin du Congo, le Parc National de la Salonga fait face à un défi majeur : l’absence de routes carrossables. Rejoindre Kinshasa et d’autres centres d’affaires par voie fluviale exige entre 10 et 15 jours de navigation sur le fleuve Congo et les rivières, souvent à bord d’embarcations de fortune, avec de nombreux risques », rappelle un rapport du parc.
Parmi les œuvres les plus marquantes figure la grande peinture de Jean Paul représentant la forêt se reflétant sur la rivière Tshuapa. Cette toile monumentale de 5,60 mètres de long a particulièrement captivé les visiteurs, tant par sa taille que par la force de l’émotion qu’elle dégage.
Les vingt jours passés à la Salonga ont été, pour les artistes, une véritable fusion humaine.
« Les habitants étaient très intéressés par le processus de création. C’était parfois vraiment amusant et souvent très émouvant. Dessiner au bord de la rivière entouré d’enfants curieux m’a profondément marqué. L’art facilite naturellement la communication entre les peuples et les cultures », confie Pedro.
Si la direction du parc n’a pas encore statué sur la destination finale de ces œuvres, les artistes souhaitent porter la Salonga sur la scène artistique internationale, notamment en Belgique, en Espagne, en France et ailleurs en Afrique, afin de faire connaître davantage la beauté et l’immense richesse naturelle du parc.
Jean Paul Rousseau, de nationalité française, et Pedro Cebrian Redondo de nationalité espagnole, sont des artistes reconnus pour leur engagement artistique en Afrique, à laquelle ils ont consacré l’essentiel de leurs créations. Certaines de leurs œuvres sont déjà exposées dans des lieux prestigieux, notamment au musée MEAM de Barcelone et à la galerie Montsequi à Madrid. Leur précédente collaboration pour le Parc Dzanga-Sangha en Centrafrique, en 2023, a donné lieu à un ouvrage qui sera prochainement publié.
Source: Parc National de la Salonga, 28.01.26
Image – source: UGPNS