Sud-Kivu: plusieurs jours de violents combats à Katana font 13 morts civils et paralysent les examens d’État (CongoForum)

KATANA — à 45 kilomètres de Bukavu, l’agglomération paisible de Katana s’est brutalement transformée en zone de guerre, théâtre d’intenses affrontements armés entre les éléments de L’AFC-M23 soutenus par l’armée rwandaise et les combattants Wazalendo alliés aux FARDC. Les combats, qui ont éclaté le vendredi 6 juin 2025, ont secoué les localités de Mabingu et Kabamba et Kasheke dans le territoire de Kalehe semant la panique au sein de la population locale.

Après deux jours consécutifs de combats, le bilan provisoire fait état de 13 civils tués, expliquent des sources locales sur place. Des échanges de tirs nourris, parfois à l’arme lourde, ont non seulement entraîné des pertes humaines, mais ont aussi gravement perturbé la vie socio-économique de cette région agricole déjà vulnérable. « Les balles sifflaient au-dessus de nos maisons. Les commerces ont fermé, les gens fuyaient dans tous les sens. C’était la panique totale », témoigne un habitant de Kabamba, encore sous le choc.

Ces affrontements ont coïncidé avec une période cruciale pour des centaines d’élèves: les examens d’État, qui se déroulent dans plusieurs centres  de la région, ont été interrompus pendant un moment, voire annulés dans certaines zones. Une situation alarmante, selon les autorités éducatives locales, qui redoutent un impact durable sur l’avenir scolaire des jeunes de Katana, Kabamba et Kasheke.

Des sources sécuritaires indiquent que les Wazalendo tentent de reprendre le contrôle total de la zone, tandis que les forces du M23, accusées d’être soutenues par Kigali, continuent d’occuper certaines localités et territoires du Sud-Kivu. Cette nouvelle escalade de violence alimente une fois de plus la crise sécuritaire persistante dans l’Est de la RDC, où les populations civiles paient le prix fort.

Selon un témoin sur place, la mort de 13 civils secoue profondément la communauté locale. Depuis ce matin, une grande partie de la population est en déplacement forcé. En cause: un appel lancé par les Wazalendo, qui demandent à tous les habitants de quitter les lieux, car ils prévoient de reprendre les affrontements ce dimanche.

© CongoForum – Gad Chrispin, 08.06.25

Image – source: presse congolaise

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