
BUKAVU – La rentrée scolaire en 2025 dans l’Est de la RDC, incluant Ituri, Nord et Sud Kivu, est marquée par une situation sécuritaire très préoccupante, des déplacements massifs de populations, et des infrastructures scolaires endommagées ou fermées. Les défis incluent la difficulté d’accès aux zones touchées par les conflits, l’incertitude quant au maintien des cours pour les déplacés, et le risque de classes occupées par des déplacés ou détruites. Malgré la date officielle de la rentrée, l’enthousiasme est tempéré par l’ampleur des problèmes humanitaires et sécuritaires qui menacent la continuité de l’éducation pour des milliers d’enfants.
Contexte Général
· Crise sécuritaire persistante : L’Est de la RDC est touché par des violences liées à des groupes armés comme le M23 et l’ADF-NALU, qui entraînent des déplacements massifs et des destructions.
· Déplacements et impact sur les écoles : De nombreux enfants et leurs familles sont déplacés, rendant l’éducation incertaine. Certaines écoles sont utilisées comme abris pour les déplacés internes, ce qui empêche le déroulement normal des cours.
Infrastructures scolaires détruites ou endommagées : Des écoles ont subi des dommages dus aux combats, rendant les bâtiments dangereux et nécessitant des réhabilitations pour garantir la sécurité des élèves et des enseignants.
· Zones d’éducation affectées: Des divisions éducationnelles sont durement touchées à l’Est de la RDC, en raison des opérations du M23 et des ADF-NALU.
· Incertitude pour la continuité de l’éducation: Les enfants déplacés vers des zones dites sécurisées voient leur scolarité compromise. Le manque d’espaces temporaires d’apprentissage est un défi majeur.
· Hésitation des parents et des directeurs : Face à l’insécurité et aux difficultés économiques, les parents hésitent à envoyer leurs enfants à l’école, et les directeurs doivent gérer des situations complexes pour maintenir l’éducation.
Préparatifs de la Rentrée
· Des préparatifs timides : Malgré les difficultés, des préparatifs sont en cours, mais leur efficacité est limitée par la conjoncture.
· Contexte économique : La conjoncture économique générale, couplée à la situation sécuritaire, rend les préparatifs et l’accès aux fournitures scolaires difficiles pour de nombreuses familles
· Santé Mentale et Soutien Psychosocial
Traumatismes liés aux conflits : Les enfants vivant dans des zones touchées par les conflits ont vécu des événements traumatisants, générant anxiété, stress post-traumatique et difficultés d’apprentissage.
Pauvreté et insécurité alimentaire : La pauvreté chronique affecte la capacité des familles à subvenir aux besoins de base des enfants, y compris l’éducation, et augmente leur vulnérabilité face à des problèmes de santé mentale.
- Déplacement et instabilité : Les nombreux déplacements de populations créent une instabilité qui perturbe la continuité de l’éducation et le sentiment de sécurité des enfants.
- Faible accès aux services de santé mentale : Le manque d’infrastructures et de personnel qualifié dans les zones rurales et touchées par les conflits limite l’accès au soutien psychosocial.
- Stigmatisation : Il existe une perception négative autour des troubles mentaux, ce qui rend difficile la recherche d’aide et l’intégration des enfants souffrant de problèmes psychologiques.
· Santé
Le système de santé est à bout de souffle, avec une diminution drastique des consultations pédiatriques et des vaccinations.
Les mères et les enfants peinent à accéder aux soins prénatals et postnatals, entraînant une augmentation des mort-nés et des risques pour la santé des nouveau-nés et des mères.
· Nutrition
La crise humanitaire et les perturbations de l’accès alimentaire ont un impact dévastateur sur la nutrition des enfants et des populations déplacées.
· Socio-Économique
La destruction des moyens de subsistance, le pillage et la fermeture de marchés ont un impact économique désastreux, précarisant davantage les populations qui peinent à subvenir à leurs besoins.
· Sécuritaire
La persistance des combats et la forte criminalité dans les zones urbaines et rurales compromettent la sécurité, rendant difficile l’accès aux écoles et le retour à la vie normal
Recommandations de l’Asbl RENAISSANCE AFRICAINE, RENAF/KIVU au Kivu en RDC
· Sécurisation des écoles : Il est crucial de garantir la sécurité des élèves et des enseignants en sécurisant les écoles, en tenant les groupes armés à l’écart des établissements, et en assurant l’accès aux lieux d’enseignement.
· Soutien aux familles et aux enfants déplacés : Mettre en place des mécanismes d’aide pour les familles déplacées, incluant la fourniture de fournitures scolaires, d’uniformes et de l’aide alimentaire
· Programmes de soutien psychosocial : Offrir des programmes d’appui pour aider les enfants traumatisés par les conflits à se réadapter à la vie scolaire.
· Soutien au personnel enseignant : Assurer la motivation et la formation continue des enseignants, particulièrement ceux qui sont confrontés à des situations difficiles.
· Mobilisation des acteurs : Un appel est lancé aux organisations humanitaires et aux Hommes de bonne volonté une mobilisation rapide afin de garantir le droit fondamental à l’éducation de milliers d’enfants à l’Est de la RDC. Sinon, on ne doit pas abandonner les enfants victimes et survivants des Guerres
· Création d’espaces sécurisés: Établir des environnements scolaires où les enfants se sentent protégés et écoutés est crucial pour leur bien-être mental.
· Soutien psychosocial structuré: Mettre en place des programmes de soutien psychosocial, incluant des activités de groupe et des conseils individuels, pour aider les enfants à gérer leurs traumatismes et à développer des mécanismes d’adaptation.
· Formation des enseignants et des parents : Former le personnel enseignant et les parents à reconnaître les signes de détresse psychologique chez les enfants et à leur fournir un soutien de base.
· Programmes de réintégration : Développer des stratégies pour réintégrer les enfants déplacés dans le système scolaire, en tenant compte de leurs besoins spécifiques et en leur offrant un accompagnement adapté.
· Sensibilisation et déstigmatisation : Mener des campagnes de sensibilisation pour éduquer la communauté sur la santé mentale et réduire la stigmatisation associée aux problèmes psychologiques.
· Partenariats communautaires : Collaborer avec les leaders communautaires, les organisations locales et les familles pour assurer un soutien global et durable.
Source: communiqué de presse RENAF/Kivu, 01.09.25
Image – source: RENAF/Kivu