
BENI – Le samedi 28 février 2026 a marqué un tournant historique pour l’agriculture congolaise. Le Gouverneur du Nord-Kivu, le général Evariste Kakule Somo, a officiellement lancé un ambitieux programme de revitalisation de la filière café robusta. Un projet qui promet de transformer la vie de 12 000 producteurs et de redessiner l’avenir économique de la région. Ce programme quinquennal ne se contente pas de planter des arbres; il vise une restructuration profonde de la chaîne de valeur.
Soutenu par un partenariat public-privé stratégique, le projet est mis en œuvre par l’organisation belge Rikolto, avec l’appui financier du Fonds international de développement agricole (FIDA) et du géant néerlandais JDE Peet’s.
L’initiative mise sur l’inclusion sociale avec des objectifs chiffrés: sur les 12 000 bénéficiaires, 4 000 femmes et 6 000 jeunes seront accompagnés. Dans une région marquée par le chômage, cette priorité accordée à la jeunesse et aux femmes est un signal fort pour la stabilité sociale.

Lors de son allocution à Beni, le Gouverneur Kakule Somo a souligné la portée géopolitique et économique de ce retour à la terre. Pour lui, le café est l’alternative durable aux richesses souterraines souvent sources de tensions. « Le Robusta va reprendre sa place, et seul le ciel sera notre limite. Ensemble, nous allons briser les chaînes trompeuses de la richesse minière qui saturent l’Ituri et le Nord-Kivu.
Le robusta: un choix stratégique mondial
Le choix du robusta n’est pas anodin. Plus résistant et riche en caféine que l’arabica, il est le pilier de l’industrie du café instantané et des mélanges de torréfaction mondiaux.

En relançant cette culture, le Nord-Kivu et l’Ituri visent quatre objectifs majeurs dont l’augmentation immédiate des revenus des ménages ruraux, la croissance des exportations provinciales, la résilience économique face aux crises et le repositionnement de la RDC sur l’échiquier mondial du café.
© CongoForum – Roger Mulyata, 02.03.26
Images – source: presse congolaise