Procès Yav: le Général Sikabwe charge l’accusé devant la Haute Cour Militaire (CongoForum)

KINSHASA – ​Dans une audience électrique tenue ce mardi 17 février 2026, le Lieutenant-Général Sikabwe Asinda Fall a apporté un témoignage accablant contre son ancien frère d’armes, le Lieutenant-Général Yav Irung Philémon. Entre révélations historiques et secrets de renseignements, le décor d’une trahison présumée se précise.

Appelé à la barre en qualité de renseignant, l’ancien Chef d’État-Major de la Force Terrestre, aujourd’hui à la tête de la SAFEX, n’a pas pesé ses mots, signale la Cellule de Communication de la Haute Cour Militaire. Le Général Sikabwe a formellement confirmé l’existence de deux messages interceptés, émanant du Rwanda et présentés aux Généraux Cirimwami et Mwehu par le prévenu Yav.

​Selon le témoin, les accointances entre le Général Yav et le régime rwandais ne datent pas d’hier: « C’est le Général Yav qui était le commandant de bataillon lorsque Kinshasa a été attaquée par le Rwanda le 2 août 1998 », a-t-il rappelé devant une assistance suspendue à ses lèvres.

Menaces sur le commandement au Nord-Kivu

​Le témoignage a également levé le voile sur les pressions subies par le commandement congolais en 2022. Le Général Sikabwe a révélé que le Rwanda aurait sommé six officiers généraux, dont le Lieutenant-Général Ndima et le Général-Major Cirimwami, de se retirer des opérations sous peine d’exécution. Ces officiers étaient alors qualifiés d’« extrémistes » par Kigali.

La bataille des preuves: le téléphone « 8848 »

​Face à ces accusations de trahison et d’incitation à l’indiscipline, la défense ne désarme pas. Les avocats du Général Yav ont exigé que le Ministère Public produise des preuves matérielles irréfutables du lien entre leur client et l’ennemi.

​L’Auditeur Général a répliqué en s’appuyant sur les propres aveux du prévenu:

–        ​La dissimulation: le Général Yav aurait reconnu avoir reçu des messages du « pays des mille collines » sans en informer sa hiérarchie. C’est la vigilance du regretté Général Cirimwami qui aurait permis de dévoiler l’affaire.

–        ​Le verrouillage technique: si le prévenu a identifié son appareil (un iPhone 8848 lié au numéro 0814045590), il refuse catégoriquement d’en livrer les codes d’accès.

​« L’accusation a sollicité l’expertise de la Haute Cour pour décrypter les échanges envoyés par le Colonel rwandais Senkoko Célestin, secrétaire particulier de James Kabarebe. »

​La suite du procès s’annonce cruciale: le décryptage de cet appareil pourrait être la clé de voûte de ce dossier qui secoue les hautes sphères de l’armée congolaise.

© CongoForum – rédaction, 18.02.26

Image – source: Cellule de Communication de la Haute Cour Militaire

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