
GOMA – La mort brutale d’un jeune homme en détention dans la ville de Goma, sous contrôle du M23/AFC, ravive les inquiétudes sur les dérives répressives du mouvement rebelle dans les zones qu’il administre.
Le défunt, connu sous le surnom de Lukobeka alias “Boss le chauve”, a été arrêté début juillet après une accusation de viol portée par la famille d’une fillette de quatre ans. L’arrestation, effectuée par les forces du M23-AFC, a eu lieu dans des conditions violentes et sans enquête préalable, selon plusieurs témoins locaux.
Très vite, des voix se sont élevées pour dénoncer une procédure expéditive, en dehors de tout cadre judiciaire. Plusieurs sources affirment que le jeune homme aurait été victime de torture durant sa détention, ce qui aurait entraîné sa mort, survenue le mardi 8 juillet. D’autres sources proches du M23 avancent toutefois la thèse d’une crise cardiaque survenue pendant la nuit.
Mais un élément clé remet en cause toute la procédure: des examens médicaux effectués sur la fillette présumée victime n’ont révélé aucun signe d’agression. L’accusation de viol s’est donc avérée infondée, jetant une lumière encore plus crue sur la violence de l’arrestation et les conditions de détention.
Face à l’émotion croissante, la mairie militaire de Goma, dirigée par une autorité du M23/AFC, a promis l’ouverture d’une enquête et la réalisation d’une autopsie pour déterminer les causes exactes du décès. Mais dans un contexte où les droits fondamentaux sont régulièrement bafoués et où les institutions judiciaires sont largement dominées par le commandement militaire rebelle, peu d’observateurs croient à la possibilité d’une investigation indépendante et transparente.
Georges, un ancien camarade de l’Institut de Goma, a rendu hommage au défunt dans un message bouleversant: « Je garderai précieusement en mémoire les moments partagés à l’Institut, ta joie de vivre, ta gentillesse et ton humour. Tu étais une personne formidable. Ton absence laissera un grand vide. »
Ce drame relance une fois de plus le débat sur l’impunité et les atteintes aux droits humains dans les territoires sous contrôle du M23-AFC, alors que les structures étatiques légitimes y sont remplacées par une justice militaire opaque et redoutée.
© CongoForum – rédaction, 11.07.25
Image – source: presse congolaise