
LUBERO – Alors que les massacres se multiplient dans le territoire de Lubero, la passivité des autorités face à l’incursion des rebelles ADF dans le groupement Mwenye suscite une indignation sans précédent. Entre villages incendiés et massacres systématiques, la jeunesse locale interpelle l’État: l’heure n’est plus aux discours, mais à l’action.
La nuit du samedi 24 janvier 2026 restera gravée dans la mémoire des habitants du village Musenge, dans la localité de Mbata en Chefferie des Baswagha dans le territoire de Lubero. Alors que l’obscurité tombait, les flammes ont commencé à lécher le ciel, visibles à des kilomètres à la ronde. Le centre de Musenge était la proie des rebelles ADF, plongeant la zone dans une panique généralisée.
Si le bilan humain reste encore difficile à établir avec précision ce dimanche matin, l’ampleur du désastre ne fait aucun doute.L’attaque de Musenge n’est pas un incident isolé, mais le dernier acte d’une série d’incursions sanglantes. Après avoir semé la mort au centre, au nord et à l’ouest du groupement Mwenye, les assaillants étendent désormais leur rayon d’action vers le sud.
Le bilan global de cette quinzaine d’horreur est effroyable: plus de 25 civils lâchement exécutés, 63 maisons réduites en cendres, des infrastructures et moyens de transport détruits.

Sur place, l’indignation se transforme en colère. Le Conseil Local de la Jeunesse de Mwenye, par la voix de son président Prince Kasyano, pointe du doigt des zones d’ombre troublantes. Comment expliquer que l’ennemi puisse opérer pendant plus de deux semaines dans une zone dépourvue de vastes massifs forestiers pouvant servir de retranchement? « Comment comprendre que les ADF opèrent librement depuis plus de deux semaines dans le même groupement, attaquant village après village, sans réaction efficace des dispositifs sécuritaires ? » s’interroge Prince Kasyano.
Pour les forces vives, le contraste entre la réalité du terrain et les discours officiels devient insupportable. La population de Mwenye a le sentiment d’être « sacrifiée » sous le regard passif de ceux qui ont la mission constitutionnelle de la protéger.
Le Conseil Local de la Jeunesse interpelle directement le gouvernement provincial et les hauts responsables des services de sécurité. Les revendications sont claires : le passage des paroles aux actes, la sécurité ne doit plus être un slogan de campagne ou de bureau, la neutralisation immédiate des colonnes rebelles, la géographie du groupement Mwenye devrait faciliter, et non entraver, une intervention militaire efficace.
Mettre fin à l’exode des populations qui fuient des villages désormais vides. Si aucune mesure urgente n’est prise, la situation sécuritaire dans le territoire de Lubero risque d’atteindre un point de non-retour.
L’histoire jugera ceux qui, par leur silence ou leur inaction, auront laissé le groupement Mwenye s’enfoncer dans l’abîme, se lamente le responsable du Conseil Local de la Jeunesse.
Jusqu’à présent, les autorités n’ont pas réagi aux faits.
© CongoForum – Roger Mulyata, 25.01.26
Images – source: presse congolaise