
KINSHASA – Après plusieurs semaines d’attente, le président Félix Tshisekedi a levé le voile sur la nouvelle équipe gouvernementale dans la nuit du jeudi 7 août. L’annonce, faite par la porte-parole de la présidence Tina Salama, marque l’entrée en fonction du gouvernement dit “Suminwa 2”, composé de 53 membres, et piloté une fois encore par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.
Ce remaniement profond traduit la volonté du chef de l’État de renforcer sa majorité politique, tout en confiant des portefeuilles stratégiques à la fois à des figures expérimentées et à de nouveaux profils.
Des poids lourds de retour et une équipe élargie
Le gouvernement Suminwa 2 se compose de 6 Vice-premiers ministres, 12 Ministres d’État et 35 ministres, témoignant d’une volonté de large inclusion.
Jean-Pierre Bemba, ancien ministre de la Défense, prend désormais les rênes du ministère des Transports et du Désenclavement, un secteur crucial pour le développement du pays. Adolphe Muzito, ancien Premier ministre, revient sur le devant de la scène politique en tant que ministre du Budget. Jean-Pierre Lihau conserve son poste à la Fonction publique, désormais renforcé par des projets de modernisation.
Un nom moins connu du grand public, Guy Kabongo Muadiamvita, est propulsé à la tête du ministère de la Défense, tandis que Jacquemin Shabani décroche finalement le très stratégique ministère de l’Intérieur, dans un contexte politique délicat.
Une présence féminine renforcée dans les postes-clés
Le gouvernement Suminwa 2 se distingue aussi par une avancée notable en matière de parité. Plusieurs femmes accèdent à des ministères de premier plan :
• Thérèse Kayikwamba Wagner : ministre des Affaires étrangères
• Ève Bazaiba : maintenue aux Affaires sociales
• Raïssa Malu : nommée à l’Éducation nationale et à la citoyenneté
• Marie Thérèse Sombo : à l’Enseignement supérieur et à la Recherche
• Marie Nyange Ngambo : à l’Environnement, dans un contexte de pression mondiale sur la préservation du bassin du Congo.
Des défis économiques, sociaux et infrastructurels immenses
Sur le plan économique, les nominations de Daniel Mukoko Samba à l’Économie nationale et de Doudou Fwamba aux Finances annoncent une approche technocratique et rigoureuse pour stabiliser les équilibres macroéconomiques, dans un contexte d’inflation et de vie chère.
En infrastructures, John Banza Lunda devra accélérer les chantiers longtemps en souffrance. Le numérique, confié à Augustin Kibassa Maliba, devient un levier essentiel pour la transformation de l’administration congolaise.
Enfin, Patrick Muyaya conserve le ministère de la Communication, un pilier stratégique pour la visibilité et la cohésion du gouvernement, surtout en cette période post-électorale.
Un gouvernement d’équilibre, entre continuité et renouvellement
Avec ce nouveau gouvernement, le président Tshisekedi semble vouloir conjuguer stabilité, retour des grandes figures politiques et intégration de nouvelles compétences. Toutefois, les attentes de la population restent élevées, entre demandes de justice sociale, de sécurité et de développement durable.
Reste à savoir si cette équipe saura relever les nombreux défis qui l’attendent.
© CongoForum – rédaction, 08.08.25
Image – source: Suminwa/Primature