
KINSHASA – À Kinshasa, la sortie du cardinal Fridolin Ambongo continue de susciter des réactions dans les milieux politiques et religieux. Devant des jeunes catholiques, l’archevêque métropolitain de Kinshasa a ouvertement interrogé la pertinence du débat autour d’une éventuelle révision de la Constitution en République démocratique du Congo.
« Comment peut-on dépenser autant d’énergie et d’argent pour changer la Constitution alors que la jeunesse est abandonnée ? », a-t-il déclaré, dans une intervention qui sonne comme une interpellation adressée à la classe dirigeante.
La jeunesse au cœur des préoccupations
Pour le cardinal Ambongo, les efforts et les ressources du pays devraient être prioritairement orientés vers les défis auxquels fait face la jeunesse congolaise. Le chômage, les difficultés d’accès à l’éducation et le manque d’opportunités économiques figurent parmi les problèmes qui préoccupent une grande partie de la population.
Dans un pays où la majorité de la population est composée de jeunes, la question de leur avenir reste un enjeu majeur pour les politiques publiques.
Une prise de parole dans un débat sensible
La déclaration du prélat intervient alors que la question d’une éventuelle réforme de la Constitution alimente de plus en plus le débat public. Si certains responsables politiques évoquent la nécessité d’adapter les institutions aux nouvelles réalités du pays, d’autres estiment que ce débat risque de détourner l’attention des urgences sociales.
Dans l’histoire récente de la RDC, l’Église catholique s’est souvent exprimée sur les grandes questions de gouvernance et de démocratie. La prise de parole du cardinal Ambongo s’inscrit dans cette tradition d’engagement dans le débat public.
Les priorités nationales
Au-delà du débat constitutionnel, l’intervention du cardinal met en lumière la question des priorités nationales. Pour de nombreux observateurs, les attentes de la population concernent surtout l’amélioration des conditions de vie, la création d’emplois et l’accès aux services sociaux de base.
En mettant l’accent sur la situation de la jeunesse, le cardinal Fridolin Ambongo appelle ainsi les dirigeants à recentrer les politiques publiques sur les préoccupations concrètes de la population congolaise.
© CongoForum – rédaction, 08.03.26
Image – source: capture d’écran