Kinshasa: Bahati Lukwebo met la majorité sous tension sur la Constitution (CongoForum)

KINSHASA – Le sénateur Modeste Bahati Lukwebo, deuxième vice‑président du Sénat et leader de l’Alliance des Forces démocratiques du Congo et alliés (AFDC‑A), a fait des déclarations qui secouent la classe politique congolaise ce mercredi. Sa conférence de presse, tenue au siège de son parti à Kinshasa, a abordé plusieurs sujets sensibles, notamment la révision ou le changement de la Constitution, sans soutenir clairement le projet du président Félix Tshisekedi.

Bahati Lukwebo s’est d’abord félicité des sanctions américaines contre l’armée rwandaise pour son soutien présumé au mouvement rebelle M23 dans l’Est du pays et a réclamé la mise en œuvre stricte de la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU pour le retrait des troupes étrangères.

Sur la question constitutionnelle, il a réitéré la position prudente de son regroupement politique: l’AFDC‑A n’a pas pris de position tranchée en faveur d’une révision ou d’un changement de la Constitution souhaité par Félix Tshisekedi, mais attend la mise en place d’une commission multidisciplinaire pour étudier le dossier et y participer.


Mise en garde implicite

Cette attitude a été perçue par certains observateurs comme une mise en garde implicite envers la majorité présidentielle, Bahati Lukwebo ne s’étant pas totalement aligné sur le projet de modification du texte fondamental. La Constitution divise déjà plusieurs acteurs de l’Union sacrée de la Nation, notamment des ténors comme Jean‑Pierre Bemba ou Vital Kamerhe, qui hésitent à soutenir ouvertement une révision profonde.

En marge de ces déclarations, Bahati a abordé d’autres sujets d’actualité, rappelant notamment l’importance de ne pas accepter un cessez‑le‑feu qui « consoliderait le statu quo militaire » dans l’Est du pays et reviendrait à « avaliser une partition territoriale ».

Brasserie Bralima

Par ailleurs, dans une autre mise au point rendue publique ce mercredi, Modeste Bahati Lukwebo a fermement démenti toute implication dans le rachat de la brasserie Bralima à Bukavu, qualifiant ces accusations de diffamatoires et annonçant des actions judiciaires contre leurs auteurs.

En résumé, Bahati Lukwebo, tout en restant dans le camp de la majorité présidentielle, affiche une position nuancée sur la réforme constitutionnelle, alimentant ainsi les tensions au sein de l’Union sacrée de la Nation et ouvrant la voie à de possibles fractures autour de l’avenir politique du pays.

© CongoForum – rédaction, 04.03.26

Image – source: presse congolaise

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