Joseph Kabila contre-attaque: « La vérité ne se vote pas, elle s’impose » (CongoForum)

KINSHASA – Au lendemain de la levée de ses immunités, l’ancien président congolais sort de son silence et accuse le pouvoir en place de manœuvres politiques désespérées.

À peine 24 heures après la levée historique de ses immunités parlementaires par le Sénat, l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a réagi avec fermeté et gravité à travers une déclaration publiée sur le réseau social X (anciennement Twitter).

« Je prends acte de la décision du Sénat de lever mes immunités, » débute-t-il, posant d’emblée un ton solennel. Mais très vite, le message glisse vers une dénonciation sans ambages: « Ce geste, orchestré dans la précipitation et sans respect des équilibres institutionnels, n’est pas un acte de justice. C’est une manœuvre politique désespérée, dans un contexte de panique généralisée au sommet de l’État. »

Cette déclaration survient dans un climat politique déjà lourd, où les tensions entre l’ancien régime et l’actuelle administration ne cessent de s’exacerber. Pour de nombreux observateurs, cette levée d’immunité pourrait ouvrir la voie à des poursuites judiciaires pour des faits présumés de corruption ou de mauvaise gestion durant ses années au pouvoir. Mais pour Kabila, l’intention est ailleurs: il s’agirait d’une tentative de diversion face aux « échecs » du pouvoir actuel.

« Je n’ai jamais fui mes responsabilités, ni devant le peuple, ni devant l’Histoire. Je n’ai pas besoin d’immunité pour faire face, » martèle-t-il, dans une posture de défi assumée. Et d’ajouter, sur un ton quasi prophétique : « Ceux qui me désignent aujourd’hui comme cible devraient déjà réfléchir à ce qu’ils répondront demain. »

L’ancien chef de l’État termine sa déclaration sur une note lourde de sens, qui résonne comme un avertissement politique: « Ce pays n’est pas amnésique. Il sait qui a construit, et il sait qui détruit… À ceux qui croient que lever mes immunités, c’est effacer leur échec: vous vous trompez. La vérité ne se vote pas. Elle s’impose. Et elle viendra. »

Cette sortie de Joseph Kabila marque peut-être le début d’un nouvel affrontement politique de grande ampleur. Reste à savoir si cette déclaration suffira à mobiliser ses partisans… ou à inquiéter ses adversaires.

© CongoForum – Gad Chrispin, 23.05.25

Image d’archives – source: Radio Okapi

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