
GOMA – Face à la persistance de la crise sécuritaire à l’Est de la République démocratique du Congo, les voix spirituelles se lèvent pour interpeller un ancien homme fort du pays. Ce jeudi 29 mai, dans la localité de Kinyogote, à l’ouest de la ville de Goma, sous occupation partielle de l’AFC/M23, les représentants des confessions religieuses se sont réunis pour adresser un appel solennel à Joseph Kabila, ancien Président de la République.
Lors de cette rencontre marquée par une forte charge symbolique, les chefs religieux ont exhorté l’ancien Chef de l’État à user de son expérience et de sa sagesse pour faciliter le retour de la paix dans la région. Selon l’évêque Joël Amurani, porte-parole des confessions présentes, Joseph Kabila demeure une figure incontournable pour engager une médiation sérieuse. « Il a tout ce qu’il faut en termes de sagesse pour contribuer au retour de la paix de manière définitive car il a réussi à unifier le pays par le passé », a déclaré l’évêque.
Après 18 années à la tête du pays, l’ex-président garde l’image d’un leader capable d’unir les forces antagonistes. Et selon les déclarations du jour, il ne serait pas resté indifférent à la détresse de ses compatriotes. D’après l’évêque Amurani, Joseph Kabila a personnellement exprimé son souhait de voir renaître la paix, la cohésion nationale et le vivre-ensemble dans cette partie meurtrie du pays. « Il nous a appelés pour exprimer son souhait de voir la paix revenir dans cette partie Est », a souligné l’évêque.
Dans une région où l’espoir est constamment étouffé par les bruits des armes, l’appel lancé à Joseph Kabila n’est pas anodin. Il s’inscrit dans une démarche inclusive. Selon plusieurs sources proches de l’ancien président, ce dernier envisage d’élargir ses consultations aux leaders communautaires, organisations de la société civile et autres composantes clés du tissu social congolais. Une approche qui vise à construire une paix durable sur des bases larges et participatives.
Le choix des confessions religieuses de s’adresser à Kabila traduit un sentiment de lassitude face à l’inefficacité des efforts étatiques actuels, mais aussi une conviction que la paix ne peut venir que d’un engagement sincère des anciens et nouveaux leaders politiques. Dans cette optique, l’ancien président est appelé à assumer le rôle d’« arbitre », figure morale capable de rassembler et d’orienter vers un dialogue constructif.
Alors que les tensions demeurent vives dans plusieurs zones du Nord-Kivu, cette démarche religieuse pourrait marquer un tournant symbolique vers une solution locale, enracinée dans la tradition congolaise de médiation et de sagesse ancestrale.
Reste à savoir si Joseph Kabila répondra positivement à cet appel et s’il saura peser de tout son poids pour inverser la trajectoire tragique de cette région. Une chose est certaine: dans un contexte d’effondrement de la confiance entre la population et les institutions, la paix a aujourd’hui besoin de nouveaux visages et de voix crédibles.
© CongoForum – Gad Chrispin, 30.05.25
Image – source: presse congolaise