De l’intégration des représentants des Personnes vivant avec un handicap dans le dialogue national inclusif pour la paix à l’Est de la RD Congo (INAM)


AU SECRÉTARIAT GÉNÉRAL DE LA CENCO-ECC

Chers Excellences Prélats, avec l’expression de nos vives et sincères salutations dans le Christ notre Seigneur !

Nous, membres de l’asbl Initiative pour l’Avenir Meilleur – INAM asbl, avons toujours suivi de près l’œuvre grandiose que votre composante ne cesse d’accomplir en faveur du peuple congolais depuis des années. Nous vous en félicitons et vous remercions infiniment. Nous vous encourageons et prions le bon Dieu afin que cet élan demeure tant que le peuple congolais en aura besoin pour son mieux-être, soyez bénis !

Nous soutenons l’initiative d’un nouveau dialogue national inclusif tel qu’envisagé par votre auguste composante accompagné par Son excellence Monsieur le Président de la République Angolaise. L’urgence de la situation impose qu’il se tienne dans le meilleur délai afin que la crise politico-sécuritaire qui terrorise les populations de l’Est de la RD Congo soit résolue définitivement et que la paix revienne sur toute l’étendue de notre cher, grand et beau pays.

L’inclusion suppose la participation aux travaux dudit dialogue de toutes les couches sociales de la République et particulièrement, l’implication des personnes en situation de handicap des provinces du Kivu et leur capitale, Bukavu et Goma.

Le handicap n’est ni un crime ni une malédiction. Pourtant, ces personnes sont depuis longtemps minorisées, sous-estimées et marginalisées suite à l’exclusion et la stigmatisation sociale dont elles sont victimes.

Dans la prise des grandes décisions, elles sont écartées des composantes comme si elles ne constituaient pas une couche de la population.

Aujourd’hui, la guerre qui nous frappe de plein fouet intensifie leur souffrance. Il est compté de nombreuses pertes de vie suite aux violences de toutes natures et du fait qu’elles ne disposent plus de l’aide à laquelle elles pouvaient accéder.

Le désespoir est leur quotidien ne sachant à quel saint se vouer, ni à quel ange gardien se confier.

Nous demandons qu’elles soient associées à ce dialogue une fois convoquée. Une manière de réparer la discrimination dont elles sont souvent victimes, surtout d’affirmer par votre choix, votre volonté d’associer toutes les femmes et les hommes du pays à ce dialogue, à l’image de Jésus évoqué par Mathieu 25, 35-40.

Les personnes en situation de handicap ne justifient en rien leur exclusion à un tel dialogue. Et pour faire référence aux droits humains, il est déclaré :

Déclaration Universelle des Droits de l’Homme – Article 7 :
« Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection devant la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination. »

Le Pacte International Relatif aux Droits Civiques et Politiques :
Il ne peut être admis aucune restriction ou dérogation aux droits fondamentaux de l’Homme, en vigueur dans tout État partie au présent Pacte en application des lois, de conventions, de règlements ou de coutume, sous prétexte que le présent Pacte ne les reconnaît pas ou les reconnaît à un moindre degré (article 5 point 2).

La Convention Relative aux Droits des Personnes Handicapées :
Demande aux États de prendre toutes les mesures appropriées pour éliminer la discrimination fondée sur le handicap pratiquée par toute personne, organisation, ou entreprise privée (article 4 point 1, Alinéa e). Sans oublier l’égalité des chances ainsi que l’accessibilité prônées en son article 3.

La Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples – Article 4 :
Les personnes âgées ou handicapées ont droit à des mesures spécifiques de protection en rapport avec leurs besoins physiques ou moraux.

La Constitution de notre pays :
Réaffirme l’adhésion et son attachement à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, aux Conventions des Nations Unies sur les Droits de l’Enfant et sur les Droits de la Femme, particulièrement à l’objectif de la parité de représentation homme-femme au sein des institutions du pays ainsi qu’aux instruments internationaux relatifs à la protection et à la promotion des droits humains.

La loi organique numéro 22/003 du 3 mai 2022 :
Portant protection et promotion des droits des personnes vivant avec handicap est claire du début à la fin. À l’article 30 alinéa premier, il affirme que l’État doit tenir compte de la représentation des personnes avec handicap tant au niveau national, provincial et local.

À la lumière de ces dispositions, rien ne saurait justifier l’absence de ces hommes et femmes en situation de handicap à ce grand rendez-vous de l’histoire de notre pays.

Qui peut mieux connaître leurs besoins qu’elles-mêmes ? Il faut absolument les associer aux grandes décisions afin qu’elles puissent s’exprimer sur leurs besoins spécifiques.

Eu égard à ce qui précède, nous prions humblement de bien vouloir :

  1. Intensifier les efforts d’appel à la tenue de ce dialogue dans les formes requises ;
  2. Mener un plaidoyer afin que les personnes en situation de handicap y prennent part, surtout celles de Bukavu et Goma qui sont particulièrement affectées par cette tragédie ignoble et dévastatrice qui vient exacerber une situation jadis chaotique.

Nous comptons énormément, chers Excellences Prélats sur votre soutien en faveur de l’intégration sociale au sein de la République des personnes vivant avec un handicap, les oubliés de la République.

Espérant qu’avec l’aide du Seigneur, notre requête aura gain de cause.

Veuillez agréer, chers Excellences Prélats, l’expression de nos vœux les plus dévoués.


Pour IN.A.M. asbl

Blaise BULONZA BWAMUNGU
Coordonnateur

Source: communiqué de presse INAM, 14.02.26

Image – source: Blaise Bulonza

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