Crise à l’Est de la RDC: malgré les pourparlers de Doha, les affrontements se poursuivent et la crise humanitaire s’aggrave (CongoForum)

GOMA/BENI – Malgré la signature de l’accord-cadre entre le gouvernement congolais et la rébellion AFC/M23 le 15 novembre 2025 à Doha, les combats se sont intensifiés cette semaine dans plusieurs zones de l’Est de la République démocratique du Congo. Des affrontements ont été signalés ce mercredi 19 novembre 2026 au Sud-Kivu comme au Nord-Kivu, confirmant la persistance d’un climat d’insécurité généralisée.

Dans le territoire de Walungu, des combats ont éclaté à Mugogo, Walungu-centre et Kaniola, opposant les rebelles de l’AFC/M23, appuyés par le Rwanda, aux groupes Wazalendo. Plusieurs sources locales font état de l’usage d’armes lourdes et légères.

La société civile de Kabare indique que les FARDC, appuyées par des militaires burundais et des groupes d’autodéfense, mènent une contre-offensive pour repousser les positions rebelles.

Dans les Hauts-Plateaux d’Uvira, les Wazalendo du mouvement MPDAC affirment avoir repris les localités de Gongwa, Muravya et Kanono. Le porte-parole du groupe, Youssouf Salumu Célestin, assure que « la situation est sous contrôle » et appelle ses responsables à renforcer les positions sur le terrain.

Au Nord-Kivu, les combats se poursuivent dans le territoire de Lubero, notamment dans la chefferie Baswagha, autour de Bukendo-Lac, et dans les collines d’Iviri, Kirehe et Mbara. Selon le chef du groupement Musundi, ces affrontements ont entraîné un nouveau déplacement massif de civils.

Dans le territoire voisin de Masisi, au moins deux civils ont été tués et une personne grièvement blessée lors des affrontements entre Wazalendo et rebelles. Les positions des groupes d’autodéfense à Kasheke et Bituna ont été prises par l’AFC/M23, après des attaques menées depuis le mardi 18 novembre.

Une situation humanitaire qui se détériore

Malgré les engagements pris à Doha, les violences continuent de provoquer des déplacements forcés, la paralysie des activités économiques et une dégradation croissante des conditions de vie.

Les enfants figurent parmi les plus touchés. Beaucoup sont abandonnés, séparés de leurs familles ou privés d’école en raison de la fermeture des établissements et des déplacements répétés. Les organisations locales de protection de l’enfant, basées à Goma et Bukavu, alertent sur la montée des risques de recrutement armé, de violences sexuelles, de malnutrition et de traumatismes psychologiques.

Entre négociations et terrain instable

Alors que les garants de l’accord de Doha évoquaient une possible désescalade, les événements de cette semaine montrent une réalité différente sur le terrain: les hostilités se poursuivent, les lignes de front évoluent et la population civile continue de faire face à une insécurité multidimensionnelle.

Pour les acteurs humanitaires et les organisations locales, l’urgence est de renforcer la protection des populations, en particulier des enfants, qui demeurent au cœur de cette crise persistante.

© CongoForum – rédaction, 19.11.25

Image – source: presse congolaise

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