
BENI/BUTEMBO – Le prix du litre de carburant a pris de l’ascenseur depuis l’annonce des travaux de réhabilitation du pont Semulik sur la route Beni-Kasindi au Nord-Kivu. Ce mardi 29 avril par exemple, 1 litre d’essence se négocie entre 4 500 et 6 000 francs congolais chez les détaillants appelés communément Kadhafi comme chez les grossistes.
Cette situation impacte négativement le quotidien des habitants qui font face a une crise sécuritaire accrue. Le secteur de transport est le plus touché par cette situation bien sûr a coté d’autres. Une course de ville est passée de 1 000 à 2 000 francs congolais voire 4 000 francs. Un casse-tête pour les usagers du transport à commun.
Les conducteurs des motos taxi s’en plaignent également. Plusieurs ne savent plus comment fixer le prix d’une course au regard de cette flambée.
Evelyne Walisawa, revendeuse de carburant, ne sait pas expliquer clairement les raisons de cette hausse de prix. Elle évoque une probable pénurie suite aux travaux de réhabilitation du pont Semuliki. « C’est vrai nous sommes en train de travailler sans beaucoup de difficultés. Sauf que nous avons vu grimper le prix de transport à cause de la hausse de prix du carburant, une course de 500 francs est passée à 1 000 francs. Nous achetons un litre de carburant à 4 500 ou 5 000 francs, ça dépend d’une station à une autre. Heureusement pour nos clients certains nous comprennent facilement. Les clients y arrivent comme d’habitude mais nos recettes ont sensiblement baissé. Que les autorités agissent pour résoudre cette problématique.”
La même situation est observée dans la ville de Butembo. Elle plonge les usagers et les conducteurs dans une crise socio-économique alarmante. Une course en taxi moto, autrefois négociée à 1 000 voire 1 500 francs, se fait ces jours à 2 000 francs. Le constat est identique pour les conducteurs de triporteurs, qui exigent aujourd’hui 15 dollars pour un trajet qui coûtait auparavant 10 dollars. Quant aux populaires « bajaja », leurs tarifs ont doublé, voire triplé en soirée, passant de 500 à 1 000 ou 1 500 francs. Les conducteurs de ces engins motorisés expriment leur inquiétude face à la hausse du prix de carburant.
Plus question de spéculation sur le prix du carburant à Butembo et Beni. L’exécutif du Nord-Kivu le fixe désormais à 3 900 francs le litre à la pompe pendant la réhabilitation du pont Semuliki. Des actions sont envisagées à l’endroit des contrevenants.
Ce prix du carburant à la pompe est fixé dans la région de Beni et Butembo durant toute la période des travaux de réhabilitation du pont. Les travaux ont débuté ce mardi 29 avril 2025 avec comme conséquence la coupure de la communication routière entre le poste frontalier de Kasindi et les villes de Beni et Butembo.
L’option a été levée au cours de la rencontre présidée à Beni ce lundi par le conseiller principal du gouverneur en charge de la reconstruction et finances, maître David Kamuha. Une rencontre avec les pétroliers de la région de Beni et Butembo.
Le prix de carburant fixé à 3 900 francs par les autorités provinciales du Nord-Kivu depuis ce lundi n’est pas encore observé jusqu’à ce mardi. Constat réalisé dans quelques stations-service de la ville de Butembo.
Certaines stations-service n’affichent plus le prix aux marquoirs, un litre s’y négocie à 4 500 francs ce mardi contrairement à celui convenu ce lundi à Beni entre les pétroliers et les autorités.
Certains pompistes justifient ce non-respect du prix officiel par la réalité du terrain. Mais ils disent aussi attendre l’instruction de leurs patrons, c’est-à-dire les tenanciers des stations.
Pendant ce temps, on voit une hausse vertigineuse d’un litre de combustibles chez les petits revendeurs. Le prix est passé de 4 500 à 5000 ou même 6 000 francs. Une situation qu’ils expliquent à leur tour par la non-évolution des prix chez les grossistes.
© CongoForum – Roger Mulyata, 30.04.25
Image – source: presse congolaise