
BENI – Des affrontements violents secouent, depuis le début de la semaine, le territoire de Rutshuru (Nord-Kivu), dans le groupement de Bukombo (chefferie de Bwito). Les combats opposent les rebelles de la coalition AFC/M23 aux miliciens d’autodéfense Wazalendo du CMC-FDP.
Le bilan provisoire est lourd: la société civile locale a fait état, ce jeudi, de cinq personnes tuées et d’une vingtaine d’autres grièvement blesses. Kingson Shukuru, président de la société civile locale, a rapporté le viol d’une dizaine de femmes et le déplacement massif des populations.
Selon M. Shukuru, les rebelles du M23 ont lancé les attaques contre les positions des Wazalendo dans les villages de Katsiro, Mashango, Sisa et Bungumba, près de Mweso. Il dénonce également la prise en otage de civils qui sont utilisés comme des boucliers humains.
Ces nouvelles violences ont des conséquences humanitaires dramatiques. La situation s’aggrave à Kitshanga, où des milliers de nouveaux déplacés affluent de Bwito. Ils s’ajoutent à une population déjà fragilisée par des conditions de vie extrêmement précaires.
Plus de 400 ménages de déplacés ont été accueillis depuis la semaine dernière, cantonnés dans des sites de fortune comme l’école primaire Mtuza, l’Église Yebeko et le site collectif de Mungothe, selon un responsable d’une organisation locale.
Ce dernier confirme l’urgence de la situation en dénonçant l’absence d’assistance: « Depuis l’arrivée de ces déplacés, aucune organisation locale, nationale moins encore internationale n’est intervenue, même pour leur identification. »
Malgré la présence d’acteurs humanitaires dans la zone et la distribution de vivres le long de l’axe Sake-Kitshanga (selon OCHA), la pression sur les ressources et les risques d’épidémie restent critiques.
© CongoForum – Roger Mulyata, 06.11.25
Image – source: presse congolaise