
KINSHASA – Dans une rare prise de parole publique, l’ancien président de la République démocratique du Congo et président national du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), Joseph Kabila, a vivement réagi aux accusations portées contre lui par la Haute cour militaire. Dans une déclaration exclusive transmise à Jeune Afrique, Kabila dénonce un « procès politique » et une manœuvre orchestrée par un pouvoir « incapable d’assumer la responsabilité de ses échecs ».
Le réquisitoire de l’auditeur général avait demandé la peine de mort contre l’ancien chef de l’État, une première dans l’histoire politique récente du pays. Mais Joseph Kabila rejette fermement ces accusations, les qualifiant de « mensongères et politiquement motivées ».
« Tout au long du procès, aucun élément de preuve n’a été présenté pour soutenir lesdites accusations », déclare-t-il, estimant que le procès ne vise pas la justice mais constitue une tentative pour « faire taire l’opposition dans son ensemble ».
L’ex-président y voit une stratégie visant à écarter les figures majeures de la scène politique afin de permettre au régime actuel de gouverner sans contestation. Il accuse le pouvoir en place de chercher à modifier la Constitution dans cette optique, et met directement en garde son successeur, Félix Tshisekedi : « Tôt ou tard, la supercherie sera évidente pour tous », prévient-il.
Cette sortie médiatique, la première depuis l’ouverture du procès, marque un tournant dans la posture de Joseph Kabila, habituellement discret depuis son départ du pouvoir en 2019. Elle intervient dans un contexte de tensions croissantes entre le camp présidentiel et l’opposition, sur fond de débats autour de la réforme constitutionnelle et des prochaines échéances électorales.
© CongoForum – rédaction, 02.09.25
Image – source: cellule de communication Joseph Kabila