Matata Ponyo en exil: le LGD dénonce une dérive politique et judiciaire (CongoForum)

KINSHASA– Le parti politique Leadership et Gouvernance pour le Développement (LGD) a confirmé, au cours d’une conférence de presse tenue à Kinshasa, que son président, l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo Mapon, a quitté le pays et se trouve désormais en exil. Selon le secrétaire général du parti, Francklin Tshamala, ce départ aurait été forcé, à la suite de pressions politiques et de graves violations des droits fondamentaux de l’opposant.

Matata Ponyo aurait quitté discrètement le territoire national le 21 mai 2025, au lendemain de l’annonce de sa condamnation par la Cour constitutionnelle. Le parti affirme avoir attendu jusqu’au 31 mai pour officialiser sa disparition, par souci de discrétion et de sécurité. À ce jour, la localisation de l’ancien chef du gouvernement reste tenue secrète.

Le LGD rejette fermement la décision de justice rendue en mai dernier contre son président, qu’il qualifie de « verdict arbitraire, politiquement dicté ». Selon Tshamala, le procès dont Matata Ponyo a fait l’objet durant quatre ans s’est déroulé dans un climat hostile, marqué par des atteintes répétées aux libertés individuelles, notamment à travers des restrictions de mouvement, des perquisitions domiciliaires musclées et des pressions psychologiques. Le parti évoque également un empoisonnement présumé.

Sur le plan économique, le LGD accuse les autorités d’avoir procédé au détournement de deux millions de dollars appartenant à un cabinet d’études lié à Matata Ponyo. Des pressions auraient également visé ses proches. Sa fille se serait vu interdire de quitter le pays pour ses études aux États-Unis, son passeport ayant été retenu par la Direction générale de migration (DGM). Son épouse aurait été frappée d’une interdiction de sortie du territoire.

Malgré cet exil, le LGD affirme que Matata Ponyo reste engagé sur le plan politique. Il entend, selon ses proches, poursuivre son action pour « l’émergence d’un véritable État de droit » en RDC, en collaborant avec d’autres forces de l’opposition, qu’elles soient basées à l’intérieur du pays ou à l’étranger.

Le parti se dit par ailleurs favorable aux démarches entreprises par les responsables religieux, notamment ceux de la CENCO et de l’ECC, qui appellent à une refondation de la gouvernance et à un dialogue inclusif autour des enjeux politiques et sociaux du pays.

À l’heure actuelle, les autorités congolaises n’ont pas encore réagi aux accusations formulées par le LGD. Le climat reste tendu, dans un contexte politique déjà marqué par les divisions internes et les tensions institutionnelles.

© CongoForum – rédaction, 02.08.25

Image – source: presse congolaise

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