
KINSHASA – Dans un discours à la nation, ce vendredi soir, Joseph Kabila a démenti s’être déjà rendu à la ville de Goma, contrairement aux rumeurs circulant ces derniers jours. Il a toutefois confirmé qu’il se rendra à Goma prochainement. L’ancien président a profité de l’occasion pour critiquer fermement la réaction du régime Tshisekedi, qui aurait pris, selon lui, des mesures arbitraires « avec une légèreté déconcertante » sur la base d’une simple rumeur. Il y voit un « recul spectaculaire de la démocratie » en RDC.
“Au niveau régional, le gouvernement a levé l’option désastreuse de se détourner des deux principaux instruments internationaux qui étaient à la base de l’architecture régionale de paix et de sécurité, laquelle avait permis la stabilité régionale que le Président actuel avait trouvée lors de son accession au pouvoir, à savoir, le Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la Région des Grands Lacs et l’Accord-cadre pour la Paix, la Sécurité et la Coopération pour la République Démocratique du Congo et la région”.
“Plus grave encore, en faisant des forces négatives, les Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR), ainsi que des centaines de groupes armés congolais, des supplétifs des Forces Armées de la République Démocratique du Congo, le gouvernement a ouvert la voie à la régionalisation du conflit, avec des conséquences inévitables sur la stabilité de la région.”
Selon l’ancien chef de l’état, le gouvernement actuel a « abandonné » les populations de l’Est et les a « punies », notamment en « déconnectant les institutions financières locales du réseau bancaire national » et en « restreignant les mouvements des personnes et des biens ». « Ces décisions et bien d’autres vous asphyxient et rendent votre vie plus précaire que jamais », a-t-il ajouté.
Appelant à « humaniser les conditions de vie » dans cette partie du pays, Joseph Kabila a demandé aux autorités de « protéger la population » et a souligné que « l’armée, la justice et les autres structures en charge de l’ordre et de la sécurité doivent être véritablement au service de la population et répondre à ses aspirations ».
M. Kabila, qui a dirigé la RDC de 2001 à 2019, parlait pour la première fois publiquement depuis son départ du pouvoir, rompant un long « devoir de réserve ».
© CongoForum – rédaction, 23.05.25
Image – source: capture d’écran