
KINSHASA – Une transformation décisive s’amorce dans le paysage judiciaire congolais. Ce jeudi 15 mai, l’Assemblée nationale a franchi une étape clé en déclarant recevable le projet de loi instituant le Tribunal pénal économique et financier ainsi que le Parquet national économique et financier. Présenté par le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba, ce texte a été massivement soutenu par les députés lors de la plénière.
Qualifiée de « réforme structurelle majeure » par le ministre Mutamba, cette initiative répond à la volonté du Président Félix Antoine Tshisekedi de faire de la lutte contre la criminalité économique une priorité nationale. Elle s’aligne sur le programme d’action du Gouvernement conduit par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.
Le projet s’appuie sur une base constitutionnelle solide. L’article 149, alinéa 6, de la Constitution congolaise autorise la création de juridictions spécialisées par voie législative. Élaboré par une équipe d’experts et validé par la Commission des lois, le texte vise à doter le pays d’outils judiciaires mieux adaptés à la complexité des affaires économiques et financières.
Les interventions des députés lors des débats ont souligné l’opportunité et la conformité du texte aux normes constitutionnelles. À l’unisson, ils ont salué l’initiative comme un pas crucial vers la modernisation de la justice. Le projet a été transmis à la Commission politique, administrative et juridique (PAJ) pour un examen approfondi avant son adoption finale.
Cette dynamique traduit une volonté politique affirmée de renforcer l’État de droit et de restaurer l’intégrité de la gouvernance publique, mise à mal par la corruption et la fraude.
Une concrétisation des états généraux de la Justice
Cette nouvelle juridiction spécialisée incarne la mise en œuvre concrète des résolutions issues des récents états généraux de la Justice. Elle vise à rendre la justice plus efficace, crédible et ancrée dans les réalités congolaises.
Le Tribunal pénal économique et financier, assisté de son Parquet national, sera compétent pour juger des infractions telles que la corruption, le détournement de fonds publics, la fraude fiscale ou encore le blanchiment de capitaux. Il s’agit d’un signal fort envoyé à ceux qui profitent de l’impunité.
Une attente citoyenne forte
Dans un contexte où la population exprime un ras-le-bol face à la corruption endémique et à la mauvaise gestion des finances publiques, la création de ce tribunal apparaît comme une lueur d’espoir. Les citoyens attendent des résultats concrets et un engagement sans faille pour sanctionner les auteurs de crimes économiques.
L’adoption finale de cette loi sera observée de près, tant par les Congolais que par les partenaires internationaux investis dans la transparence et la bonne gouvernance.
Une page importante est peut-être en train de se tourner pour la justice congolaise.
© CongoForum – Gad Chrispin, 18.05.25
Image – source: ministère de la Justice