
BENI – La crise humanitaire s’aggrave dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, à l’est de la République Démocratique du Congo, où les déplacements massifs de population se poursuivent à cause de la guerre menée par la coalition armée AFC-M23. Ces mouvements forcés de population ont interrompu les activités scolaires dans de nombreuses localités et mettent à rude épreuve les capacités d’accueil des communautés hôtes.
Dans le territoire de Beni, particulièrement touché, des milliers de déplacés se retrouvent sans accès aux soins médicaux de base ni aux besoins essentiels tels que la nourriture et l’éducation. Les zones lacustres de Kasindi-Port et Kyavinyonge, ainsi que les agglomérations de Kasindi, Lume, Bulongo, Mangina, Kyondo et Oïcha, figurent parmi les plus affectées.
Selon un rapport récent de la société civile des forces vives de Basongora, environ 7 000 déplacés internes dans la zone de santé de Mutwanga sont privés de soins médicaux. Les projets humanitaires existants ciblent uniquement les enfants de 0 à 14 ans, excluant ainsi les adultes, pourtant nombreux à souffrir de maladies graves. « Beaucoup arrivent malades ou épuisés à cause de leur fuite. Les enfants ont besoin d’éducation et tous souffrent de la faim », a déclaré M. Elie Ombeni Nzanzu, représentant de la société civile, à CongoForum ce mercredi.
Face à cette situation, l’organisation appelle à un appui d’urgence des autorités et de leurs partenaires, notamment à travers le déploiement d’équipes spécialisées en protection pour l’identification et la prise en charge des enfants non accompagnés ou séparés de leurs familles.
Deux décès ont d’ores et déjà été enregistrés début mai à la frontière entre la RDC et l’Ouganda: un homme adulte et un enfant déplacé. Ces drames soulignent l’urgence d’une réponse humanitaire élargie et inclusive.
© CongoForum – rédaction, 14.05.25
Image (archives) – source: Radio Okapi