
BENI – Un recensement de la population est en cours dans la ville de Beni, chef-lieu provisoire de la province du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Cette opération vise à constituer un fichier dynamique permettant de suivre périodiquement l’évolution démographique de la population, ses mouvements ainsi que le nombre de ménages.
Selon Augustin Ndimubanzi Bazirake, coordonnateur de la cellule provinciale du développement du numérique et d’archives (CPDA), l’opération a été lancée dans la ville de Beni avant son éventuelle extension à d’autres entités de la province. Elle concerne l’ensemble de la population ainsi que les différentes activités exercées par les habitants.
Les équipes de recensement sont actuellement déployées dans plusieurs quartiers de la ville, notamment à Matonge, après être passées par Tamende. Les chefs d’avenues, les responsables de quartiers et les agents recenseurs procèdent à l’enregistrement des habitants ménage par ménage, suivant le système du porte-à-porte.
L’objectif est de disposer d’une base de données actualisable chaque trimestre ou chaque année, afin de suivre les évolutions démographiques et les mouvements de la population.
Le numérique au service du recensement
Face au dynamisme démographique observé dans les villes du Nord-Kivu, la CPDA mise sur les outils numériques pour améliorer la collecte, le traitement et la gestion des données démographiques.
Depuis 2015, cette structure technique du gouvernement provincial du Nord-Kivu, issue d’un programme de coopération internationale communale entre la commune belge de Woluwe-Saint-Pierre et la province du Nord-Kivu, a introduit un système d’enregistrement numérique utilisant notamment des tablettes et des smartphones. Ce dispositif vise à constituer une base de données sécurisée et hébergée sur un serveur provincial.
La CPDA, qui compte onze agents, a également procédé à la formation des cadres de base à l’utilisation de ces outils numériques pour faciliter les opérations de collecte sur le terrain.
Le RGPH-2 confronté aux difficultés d’accès dans l’Est
Cette initiative intervient alors que le gouvernement congolais prépare le deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2).
La campagne nationale de sensibilisation en prélude à cette opération avait été annoncée pour le 15 juillet par le ministre d’État chargé du Plan et de la Coordination de l’aide au développement, Guylain Nyembo, à l’issue d’une rencontre avec le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Évalué à 192 millions de dollars américains sur une durée de trois ans, ce processus se heurte notamment aux difficultés d’accès à plusieurs zones des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, affectées par le conflit armé et la présence du FRN.
Malgré ces contraintes, Kinshasa entend mener le recensement sur l’ensemble du territoire national.
Pour les zones difficilement accessibles, le gouvernement envisage notamment le recours à des méthodes de recensement hybride et à l’imagerie satellitaire afin de produire des données aussi proches que possible de la réalité démographique.
Ces approches ont été évoquées par les responsables du secteur du Plan et de l’Institut national de la statistique (INS), dans le cadre des réflexions sur les mécanismes alternatifs de collecte des données dans les zones affectées par les conflits.
© CongoForum – Josué Mutanava, 30.10.26
Image – source: presse congolaise