Beni: la DYFEGOU forme des survivants des massacres au plaidoyer et lance le réseau RESOPJ à Oïcha (CongoForum)

OÏCHA – La Dynamique des Femmes pour la Bonne Gouvernance (DYFEGOU) a réuni, ce dimanche 27 septembre 2026, une centaine de personnes survivantes des massacres attribués aux rebelles ADF et des violences armées. Organisée dans la salle de la paroisse catholique Saint-Esprit d’Oïcha, cette rencontre visait deux objectifs principaux: former les participants aux droits humains et structurer des actions de plaidoyer pour l’obtention de réparations.

​À cette occasion, la DYFEGOU a officialisé le lancement d’une nouvelle structure dénommée « Relèvement Solidaire pour la Paix et la Justice » (RESOPJ). Ce réseau a pour vocation d’autonomiser les victimes en les transformant en acteurs de changement.

​« Notre stratégie consiste à plaider non pas pour la victime, mais avec la victime. Nous voulons les responsabiliser pour qu’elles deviennent autonomes en les réunissant en association », a expliqué Rose Tuombeane, coordinatrice de la DYFEGOU.

​Des témoignages de réinsertion économique

​Au cours des échanges, plusieurs rescapées ont témoigné des retombées positives des fonds de démarrage octroyés antérieurement par la DYFEGOU. Ces micro-crédits leur ont permis de lancer de petites activités commerciales (vente de beignets, de poissons) et d’assurer leurs besoins essentiels, tels que le logement et la scolarisation de leurs enfants.

Parmi les bénéficiaires, une ancienne otage retenue pendant deux ans dans la brousse a souligné que cet accompagnement financier lui avait permis de retrouver sa dignité et une indépendance financière après sa libération.

​Appel à l’extension des aides du FONAREV

​En marge de l’activité, la DYFEGOU a exprimé sa gratitude envers le Fonds National de Réparation des Victimes de Violences Sexuelles liées aux Crimes contre la Paix et l’Humanité (FONAREV) pour la prise en charge sanitaire apportée à près d’une centaine de survivantes dans les villes de Beni et Butembo.

​L’organisation a toutefois tiré la sonnette d’alarme sur l’ampleur des besoins restés sans réponse:

-​ Prise en charge sanitaire: nécessité d’étendre les soins aux nombreuses victimes n’ayant pas encore bénéficié d’assistance.

-​ Accompagnement économique: à Beni et Butembo, plus des trois quarts des survivants identifiés n’ont reçu aucun soutien financier, principalement en raison de la limitation des ressources disponibles.

​La DYFEGOU a conclu son intervention en plaidant auprès des partenaires institutionnels et financiers pour le renforcement des allocations, afin d’assurer une couverture inclusive et durable des victimes dans la région.

© CongoForum – Roger Mulyata, 30.09.26

Image – source: presse congolaise

Nos sponsors