
BENI/BUTEMBO – La Coordination provinciale de la Société Civile du Congo (SOCICO) / Nord-Kivu est sortie de son silence face aux répercussions socio-économiques des mesures prises pour contrer l’épidémie de maladie à virus Ebola qui touche actuellement le Grand Nord-Kivu. Tout en saluant les efforts de prévention, l’organisation tire la sonnette d’alarme sur l’impact de la fermeture de la frontière congolo-ougandaise de Kasindi.
Point névralgique du commerce transfrontalier, le poste-frontière de Kasindi alimente l’économie du territoire de Beni, de la ville de Beni et des zones environnantes.
Selon la SOCICO, la suspension des passages met en péril le niveau de vie de milliers de ménages dependants directement de ce flux commercial, notamment les petits commerçants, transporteurs et agriculteurs.
Un appel à la diplomatie et au renforcement sanitaire
Face à ce dilemme entre impératifs de santé publique et urgence économique, la SOCICO formule plusieurs recommandations stratégiques :
- Au gouvernement congolais : engager des négociations diplomatiques avec Kampala pour planifier une réouverture progressive du poste de Kasindi, conditionnée par des protocoles sanitaires renforcés.
- Aux équipes de riposte et autorités sanitaires : intensifier les opérations de dépistage, de prise en charge et de surveillance aux points d’entrée, tout en consolidant les mesures barrières pour sécuriser les flux essentiels.
- À la population de rejeter toute forme de résistance ou de banalisation face au virus, coopérer avec le personnel soignant et notifier sans délai les cas suspects aux services compétents.
L’organisation citoyenne insiste sur la nécessité d’une concertation quadripartite permanente réunissant les gouvernements congolais et ougandais, les équipes de riposte et la société civile afin d’ajuster les dispositifs sécuritaires et sanitaires sans asphyxier l’économie locale.
© CongoForum – Roger Mulyata, 19.09.26
Image – source: presse congolaise