
BUTEMBO – Un projet visant à renforcer la participation des personnes et groupes marginalisés aux processus de décision publique sera prochainement mis en œuvre dans la ville de Butembo, au Nord-Kivu. L’initiative réunira 15 associations de personnes exclues et bénéficiera de l’appui financier de Christian Aid.
Le projet a été présenté aux autorités urbaines de Butembo ce mercredi 2 septembre 2026. Une délégation conduite par Omer Nasser Ngayihembako a échangé avec Kambere Matimbya Godefroid, chef de division urbaine à la mairie de Butembo, représentant l’autorité urbaine.
Selon les initiateurs, cette démarche vise à rapprocher les personnes souvent exclues des processus décisionnels des autorités et autres acteurs impliqués dans la gestion de la chose publique. « Si nous sommes passés à la mairie, c’est d’abord pour présenter le projet au maire de la ville parce que nous allons travailler dans son entité. Ici, nous allons travailler avec les associations de personnes exclues, puis les ramener vers les décideurs », a expliqué Omer Nasser Ngayihembako.
Des associations féministes et de défense des personnes violentées ciblées
Dans la ville de Butembo, 15 associations seront impliquées dans ce projet. Elles regroupent notamment des organisations féministes ainsi que des structures œuvrant en faveur des personnes victimes de différentes formes de violences. Parmi les organisations ciblées figurent notamment FEPSI, LOFEPACO, ADDF et FJDF, ainsi que d’autres associations locales.
« Au niveau de la ville de Butembo, soit dans notre province du Nord-Kivu, nous allons travailler avec 15 associations de personnes exclues, notamment les féministes et les personnes violentées de tout genre », a précisé l’initiateur du projet.
L’objectif est de créer des espaces de dialogue permettant à ces catégories de la population de faire entendre leurs préoccupations auprès des décideurs et de participer davantage aux processus de prise de décision.
Rapprocher les communautés des décideurs
Pour les initiateurs, la bonne gouvernance passe notamment par une meilleure implication des communautés dans les décisions qui concernent directement leur quotidien.
« Il y a des personnes qui sont exclues de la décision. Il peut y arriver que les autorités prennent des décisions sans prendre les avis de la base. C’est ainsi qu’au niveau de la bonne gouvernance, nous voulons ramener ces gens-là auprès des décideurs pour qu’ensemble, nous puissions gérer les conflits qui se posent dans nos terroirs », a expliqué Omer Nasser Ngayihembako.
Cette approche devrait également permettre de favoriser la prévention et la résolution pacifique de certains conflits communautaires.
Il cite notamment le cas des conflits fonciers observés dans certaines zones, à l’instar de Masereka, où l’implication des communautés et des différents acteurs pourrait contribuer à rechercher des solutions concertées. « Ensemble, on veut amener ces gens-là à conseiller et à parler le même langage autour d’une même table pour que la paix durable soit alors construite », a-t-il ajouté.
Un projet dans trois provinces
L’initiative ne concernera pas uniquement le Nord-Kivu. Elle sera mise en œuvre dans trois provinces de l’Est de la République démocratique du Congo: l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
Le projet bénéficie de l’appui financier de Christian Aid, une organisation engagée notamment dans la lutte contre la pauvreté, les inégalités et les injustices.
À travers cette initiative, les organisations impliquées entendent contribuer à une gouvernance plus inclusive, dans laquelle les groupes souvent marginalisés pourront davantage participer aux décisions publiques et aux mécanismes locaux de prévention et de résolution des conflits.
Dans un contexte marqué par des crises sécuritaires et sociales persistantes dans l’Est de la RDC, les promoteurs estiment que le renforcement du dialogue entre citoyens et décideurs constitue un levier important pour consolider la cohésion sociale et construire une paix durable.
© CongoForum – rédaction, 03.09.26
Image – source: presse congolaise