Kinshasa : l’AFDC dénonce des « manœuvres sordides » visant à déstabiliser le parti de Bahati Lukwebo (CongoForum)

KINSHASA – La tension monte au sein de l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC). Des responsables et cadres du parti dénoncent ce qu’ils présentent comme une tentative de déstabilisation de leur formation politique, impliquant, selon eux, des acteurs proches de la Présidence de la République.

Le nom de M. Bula Mandungu Chao, présenté comme conseiller privé du chef de l’État, est cité au cœur de cette controverse. Ses détracteurs l’accusent de soutenir, en coulisses, des initiatives destinées à fragiliser l’AFDC et à remettre en cause son leadership historique.

Des accusations particulièrement graves, qui interviennent dans un contexte politique déjà marqué par des tensions au sein de plusieurs formations de la majorité.

« Comment prêcher l’unité et attiser la division ? »

Pour les défenseurs de l’AFDC, la situation apparaît d’autant plus incompréhensible que le président Félix Tshisekedi ne cesse d’appeler à l’unité, à la cohésion et à la stabilité de la famille politique au pouvoir. « Comment comprendre qu’au moment où le Président prêche l’unité, son conseiller dans l’ombre attise la division ? », s’interrogent-ils.

Ils accusent notamment Bula Mandungu Chao d’utiliser l’influence liée à sa fonction pour soutenir un groupe d’acteurs en conflit avec la direction de l’AFDC.

Parmi les personnes citées figure Otto Bahizi, présenté par ses adversaires comme faisant partie d’un groupe de cadres exclus du parti. Les partisans de Bahati Lukwebo rejettent catégoriquement toute tentative visant, selon eux, à permettre à ce groupe de s’approprier la formation politique.

« L’AFDC, c’est Bahati »

Au-delà de la querelle entre individus, les défenseurs de l’AFDC placent le débat sur le terrain de l’histoire politique du parti. Pour eux, l’AFDC est avant tout l’œuvre de Modeste Bahati Lukwebo, son fondateur et figure historique. Ils estiment qu’on ne peut dissocier la formation politique de celui qui l’a construite au fil des années.

« L’AFDC, c’est Bahati. Comme l’UDPS, c’est Tshisekedi ; le MLC, c’est Bemba ; l’UNC, c’est Kamerhe », martèlent-ils, estimant que cette réalité historique ne saurait être effacée par des « combines de couloir ».

Ils rappellent également les sacrifices consentis pour bâtir et maintenir le parti, évoquant notamment les investissements politiques, financiers et humains consentis depuis sa création.

« Qu’ils créent leur propre parti »

Face à ce qu’ils considèrent comme une tentative d’appropriation, les proches de Bahati Lukwebo lancent un message sans ambiguïté à ceux qui contestent le leadership actuel. « Qu’ils aillent créer leur propre parti politique », soutiennent-ils. Pour eux, la compétition politique doit se faire dans le respect des règles démocratiques et non par la récupération d’un parti existant. « C’est cela, le courage politique. Pas le vol, pas le braquage d’un patrimoine politique qui ne vous appartient pas », dénoncent-ils.

Une question qui dépasse l’AFDC

Cette crise interne à l’AFDC soulève également une question plus large sur les relations entre les partis politiques alliés au pouvoir et certains acteurs de l’appareil présidentiel.

Jusqu’où un conseiller de la Présidence peut-il intervenir dans les affaires internes d’un parti politique allié au chef de l’État ?

Et surtout, comment éviter que les rivalités internes aux formations politiques ne se transforment en conflits impliquant directement ou indirectement les institutions ?

Pour les partisans de l’AFDC, la réponse est claire : leur parti ne cédera pas. « L’AFDC ne se laissera pas faire. L’AFDC résistera. »

Reste désormais à savoir si cette nouvelle controverse pourra être désamorcée politiquement ou si elle risque, au contraire, d’ouvrir une nouvelle fracture au sein de la majorité présidentielle.

Les personnes mises en cause, notamment M. Bula Mandungu Chao et Otto Bahizi, pourront apporter leur version des faits et répondre à ces accusations.

© CongoForum – rédaction, 29.08.26

Image – source: Radio Okapi

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