
BUTEMBO– La riposte contre la maladie à virus Ebola connaît un nouveau coup d’arrêt à Butembo, où des actes de résistance communautaire compliquent considérablement le travail des équipes sanitaires. Dans le quartier Kyaghala, des groupes de jeunes ont érigé des barricades et incendié des pneus sur plusieurs axes routiers, empêchant les intervenants d’accéder aux zones concernées.
Selon plusieurs sources locales, cette tension fait suite à l’ouverture du cercueil d’une personne décédée, suspectée d’avoir succombé à Ebola. La dépouille a été manipulée par des membres de la communauté au cours des cérémonies funéraires, malgré les risques élevés de transmission du virus lors des contacts avec les corps des victimes.
La situation est aggravée par des rumeurs faisant état d’un éventuel couvre-feu destiné à faciliter l’identification et le suivi des personnes ayant été en contact avec le cas suspect. Bien qu’aucune décision officielle n’ait été annoncée par les autorités, ces informations ont alimenté la méfiance et la colère d’une partie de la population.
Cette hostilité compromet plusieurs opérations essentielles de la riposte. Le suivi des personnes contacts est fortement perturbé, les équipes de sensibilisation ne peuvent plus accéder à certains quartiers et les investigations épidémiologiques accusent un retard préoccupant. Les experts rappellent qu’un seul cas non détecté ou non isolé peut favoriser une nouvelle chaîne de transmission et relancer l’épidémie.
Les autorités sanitaires soulignent également que le respect des mesures de prévention demeure un élément déterminant pour interrompre la propagation du virus. Elles appellent la population à éviter tout contact direct avec les personnes malades ou les dépouilles suspectes, à signaler rapidement tout cas présentant des symptômes compatibles avec Ebola et à faciliter le travail des équipes de riposte.
Si des vaccins et des traitements contre Ebola existent aujourd’hui et sont utilisés dans les zones touchées lorsqu’ils sont disponibles, leur efficacité dépend en grande partie de la rapidité de détection des cas, du suivi des contacts et de la collaboration des communautés. Sans cette coopération, les interventions médicales perdent une grande partie de leur efficacité.
Face à cette situation, les équipes de santé, les autorités locales et leurs partenaires renouvellent leur appel au calme et à la responsabilité collective. Ils rappellent que la lutte contre Ebola ne peut réussir sans la confiance et l’engagement des populations, premiers acteurs de la prévention et de la protection de leurs communautés.
© CongoForum – rédaction, 03.08.26
Image – source: presse congolaise