
GOMA-La précarité dans laquelle évoluent les enseignants des écoles privées en République démocratique du Congo constitue un véritable frein à l’amélioration de la qualité de l’enseignement. C’est l’alerte lancée par le journaliste et enseignant Deo Lusheke, appuyé par l’activiste de paix Paulin Munyagala, qui appellent les autorités à prendre au sérieux la situation de cette catégorie d’enseignants.
À la fin de chaque année scolaire, un même scénario se répète dans de nombreux établissements privés. Une fois les élèves en vacances, les enseignants entrent dans une période d’incertitude. La plupart sont engagés sur la base de contrats de dix mois, limités à la durée de l’année scolaire. Les mois de juillet et d’août ne sont généralement ni rémunérés ni couverts par un contrat, exposant ces professionnels à une précarité permanente.
Selon les deux observateurs, cette réalité pousse de nombreux enseignants à rechercher un nouvel emploi pendant les vacances. Plusieurs écoles profitent d’ailleurs de cette période pour lancer des appels à candidatures. Craignant de ne pas être reconduits à la rentrée, les enseignants déposent leurs dossiers dans différents établissements afin de sécuriser leur avenir professionnel.
Dans plusieurs écoles privées, les enseignants désireux de poursuivre leur carrière sont également contraints d’adresser une lettre de réintégration au promoteur avant la reprise des cours. Toutefois, cette démarche ne constitue en rien une garantie de renouvellement de leur contrat, la décision finale revenant exclusivement à la direction de l’établissement.
Pour Deo Lusheke et Paulin Munyagala, cette instabilité ne pénalise pas uniquement les enseignants. Elle affecte aussi les élèves, qui voient régulièrement leurs enseignants changer d’une année scolaire à l’autre. Cette rotation fréquente du personnel compromet la continuité pédagogique, rend difficile le suivi des apprenants et peut avoir un impact négatif sur la qualité des apprentissages.
Les deux intervenants regrettent que certains promoteurs d’écoles préfèrent renouveler constamment leurs effectifs au lieu de fidéliser les enseignants expérimentés en leur accordant des contrats à durée indéterminée après plusieurs années de service. Ils estiment qu’une telle pratique favorise parfois des recrutements basés sur des considérations personnelles, familiales ou relationnelles, au détriment des compétences professionnelles.
Face à cette situation, le journaliste et enseignant Deo Lusheke, soutenu par l’activiste de paix Paulin Munyagala, invitent les autorités congolaises à accorder une attention particulière aux conditions de travail des enseignants du secteur privé. Selon eux, ces professionnels jouent un rôle déterminant dans la formation des générations futures et méritent des conditions de travail plus stables, plus dignes et conformes aux exigences d’un système éducatif de qualité.
© CongoForum – rédaction, 22.07.26
Image – source: presse congolaise